Ados et Young Adult·Dystopie

Un blog trop mortel de Madeleine Roux

Un-blog-trop-mortel

Titre : Un blog trop mortel
Auteur: Madeleine Roux
Publié en: 2011 (France)
Editeur : Fleuve Noir (Territoires)
Nombre de pages : 420

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mitigé

Je m’appelle Allison Hewitt. Ceci est mon blog et peut-être le tout dernier témoignage. Les Infectés nous ont encerclés, ils sont de plus en plus nombreux. Quelques survivants m’accompagnent. Nous voulons rejoindre Liberty Village, un havre de paix pour les derniers hommes. S’il existe vraiment. Si vous lisez ce blog, où que vous soyez, répondez… Aidez-nous !

Voilà bien un genre que l’on ne voit pas souvent dans la young adult ! Premier roman de Madeleine Roux, Un blog trop mortel est d’abord paru sous forme d’un vrai bloghttp://helptheyarecoming.wordpress.com/ avant d’être repéré et passé sous le format qu’on lui connait aujourd’hui. Un format qui se retrouve peu adapté du coup.

Ils arrivent.
Ils arrivent et je ne crois pas qu’on puisse sortir! Si quelqu’un lit ceci,je vous en prie,alertez la police,tout de suite.Appelez les flics-s’il en reste quelque part.Dites-leur de venir nous sauver!Je ne sais pas si nous serons toujours vivants demain,après-demain,ou le jour suivant,mais dites-leur de venir avant qu’il soit trop tard…Qu’ils essaient,ou moins.

Car si l’idée d’Un blog trop mortel est intéressante, le mix entre récit à la première personne et format blog ne fonctionne pas. La faute, principalement aux dialogues et aux descriptions bien trop précises pour des notes de blogs racontés des heures voire des jours après le déroulement des évènements. L’écriture, trop « simple » avec des expressions « jeunes » démodées, auront du mal également à passer.

Le format posera aussi le problème du suspense concernant l’héroïne dont on connait son sort lors des moments tendus, étant donné qu’elle est là pour nous les raconter. Dommage.

« Ted et moi avons plus ou moins mis au point une stratégie : viser la tête, à défaut la poitrine. Je crains que le jeunot n’ait pas assez de force dans les bras pour infliger de vrais dégâts, mais il se débrouille à merveille avec Manchote: un bon coup dans le torse tandis que, d’un revers peu académique, je m’attaque au cou. Il cède avec la même facilité bizarre que le bras l’autre fois. Je n’ai pas l’impression d’avoir affaire à un corps humain, c’est trop mou, trop facilement détruit.
La tête en putréfaction de Manchote, suintante de partout, continue à me fixer depuis le sol où le reste gît en tas informe. Elle porte toujours ce maudit T-shirt avec des pâquerettes qui dansent et en dessous, écrit d’une main enfantine, maladroite : « La meilleure des mamans ». »

Un blog trop mortel manque de profondeur et de personnages auxquels on s’attache. Plats, pas suffisamment mis en avant, il y a plusieurs raisons à cela.

Néanmoins, malgré cela, le roman fait preuve par moment de violence extrême qui rehausse le niveau. De la surprise, un manque de pitié que l’on apprécie fortement. Tout comme un point rarement traité dans le genre : le fait que la faune aussi, peu être contaminée. Ainsi, au delà des zombies humains, nos héros doivent également faire attention aux animaux, même aux plus petits d’entre eux.

« Voilà ce qui nous attend derrière la porte, des prédateurs rendus fous par la faim, tenaillés non par un désir conscient mais par un besoin aveugle, irrépressible…
Je m’efforce de rester calme, j’espère que je ne m’en tire pas trop mal. En fait, bizarrement, ça m’aide d’écrire cette histoire, car elle devient ainsi un conte que je dévide pour vous, de la fiction, plutôt que cette réalité impitoyable qui dicte tout ce que je fais, dis ou pense. Je crois que c’est ce qui me manque le plus : la possibilité de choix. »

Les zombies ne sont pas le seul point menaçant dans ce roman, la religion, élément très (trop) mis en avant par l’auteur n’aura de cesse de nous agacer. Le pire étant sans doute les nombreux commentaires laissés par des pasteurs sur le blog. Des commentaires assimilés à des spams que l’on ne lit plus au bout d’un moment tant c’est ennuyeux.

Pourtant, le côté religion a du bon, notamment dans l’épisode des Veuves. L’auteur saisi bien les ravages que peu provoquer un fanatisme sans limite et les dangers que cela peu déclencher dans un monde soumis à tant de peur et de désordre. Cet épisode est d’ailleurs le meilleur du livre. L’idée, originale, est bien traitée et le suspense qui fait cruellement défaut à l’intrigue le reste du temps, est bien présent sous forme d’une tension extrême.

 » Le Village s’est scindé en deux groupes : celui des Veuves de Black Earth et… tous les autres.

Ted et moi avons vite repéré cette séparation. Les Veuves tendent à clamer leur particularité, non par des musiques étranges ou des tatouages significatifs, mais par leur souci du culte. En tant que nouveaux venus, nous ne savons pas quelle est au juste leur religion, en tout cas elles la pratiquent avec une rigueur extrême ! […] Elles tentent de s’implanter auprès des autres par l’intermédiaire des soins à apporter aux enfants : une poignée de pères et de mères isolés ont perdu dans ce chaos conjoints ou compagnons, et doivent élever seuls leur progéniture. Les Veuves s’infiltrent hors de leur territoire, s’insinuent entre les tentes, en quête des désespérés dont les yeux reflètent l’horreur vécue. »

Malheureusement, Un blog trop mortel, dont le titre français, tout comme la couverture, ne sont pas là un choix très judicieux (on trouvera la couverture américaine bien plus pertinente, tout comme le titre : Allison Hewitt is Trapped), ne révolutionne pas le genre, reprenant les bases du survival et s’inspirant beaucoup des nombreux supports déjà disponibles. Exemple avec Liberty Village qui ne pourra qu’être familier à ceux ayant visionnés Je suis une légende.

On trouvera également inutile la relation entre Allison et Colin qui n’apporte rien au récit et empêche finalement de voir se résoudre la question du sort de la mère de l’héroïne. Une histoire d’amour qui n’a clairement pas sa place dans un tel genre.

Beaucoup de bons éléments ne sont ainsi pas assez exploités (et c’est bien dommage), exemple même d’un manque d’émancipation des grosses références du genre. Pourtant, des éléments intéressants, on en compte quelques uns comme le personnage de Julian, très touchant, dont on s’éprend vite. On l’aurait bien vu avec Allison si l’auteur ne s’était pas bornée à nous offrir un Collin sans intérêt. Tout comme Renny à la personnalité explosive !

« Elles sont rapides pour déplacer les tables, et parviennent à nous repousser de plus en plus dans leur fichue enceinte qui nous mène droit dans le feu. Quelques morts vivants, d’ailleurs, ont trébuché dans le brasier, ils rugissent quand leur chevelure s’enflamme. Je devrais être en train de réfléchir à un moyen de nous sortir de cet enfer, mais mon esprit tourne en rond, à toute vitesse, je sens mon cerveau patauger dans la semoule. Je vois les prisonniers ligotés qui se font arracher les yeux – littéralement -, puis leurs malheureux corps sont déchiquetés. Les zombies ne ralentissent pas, ils avancent, passent les obstacles en un flot irrépressible. Nous tâchons de rester à distance des monstres, évitant tout mouvement brusque pour ne pas provoquer Sadie/Sally et son flingue. »

Pour conclure, Un blog trop mortel est une lecture qui détend mais qui n’apporte rien de plus à un genre déjà bien développé. Une lecture qui détendra donc entre deux grosses lectures mais qui manque de profondeur et d’une fin plus travaillée pour réellement convaincre.

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