La Nostalgie Heureuse d’Amélie Nothomb : Emotions garanties

9782226249685-jTitre : La nostalgie Heureuse
Auteur: Amélie Nothomb
Publié en: 2013 (France)
Genre : Autobiographie, roman
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 162
Prix : 16.50€

Du même auteur : Hygiène de l’assassin, Ni d’Eve Ni d’adam, Le fait du Prince, Barbe-Bleue…

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5.Emoustillant Tout ce que l’on aime devient une fiction. La première des miennes fut le Japon. A l’âge de cinq ans, quand on m’en arracha, je commençai à me le raconter. Très vite, les lacunes de mon récit me gênèrent. Que pouvais-je dire du pays que j’avais cru connaître et qui, au fil des années, s’éloignait de mon corps et de ma tête ». En 2012, Amélie Nothomb est retournée au Japon pour les besoins d’un documentaire. Elle n’y était pas retournée depuis 1996. Dans ce retour au passé, elle va revoir les gens qu’elle a aimé, les lieux où elle a vécue. Un voyage dont la nostalgie et l’émotion sont le coeur.

C’est avec La Nostalgie Heureuse que j’ai décidé de découvrir la plume d’Amélie Nothomb. Je connaissais bien sûr son travail, ses œuvres, mais sans jamais, pourtant, en avoir ouvert une seule. Est-ce la couverture ? Le titre ? Quel est l’élément qui m’a fait me tourner vers cet ouvrage ? Aucune idée, mais j’ai été charmée.

Avec seulement 162 pages, La Nostalgie Heureuse se lit extrêmement vite. Il ne m’aura fallu que quelques heures pour rentrer dans l’âme de l’auteur et vivre avec elle sa dernière expérience du Japon. Retraçant son parcours pendant les quelques jours de tournage du documentaire : Une vie entre deux eaux, La Nostalgie Heureuse se veut pleinement autobiographique.

À aucun moment je n’ai décidé d’inventer. Cela s’est fait de soi-même. Il ne s’est jamais s’agit de glisser le faux dans le vrai, ni d’habiller le vrai des parures du faux. Ce que l’on a vécu laisse dans la poitrine une musique : c’est elle qu’on s’efforce d’entendre à travers le récit. Il s’agit d’écrire ce son avec les moyens du langage.

On laisse ici l’auteur, pour ne faire plus qu’un avec la femme. Rien ne nous est caché, Amélie se confie, comme dans un journal. Ses peurs à l’idée de revoir Nishio-san et surtout, Rinri. Comment réagira-t-il, celui qu’elle a abandonné sans mot dire ? Mais aussi, ses plaisirs, ses peines, son passé.

On est ainsi émus, en même temps qu’Amélie l’est. On vit ce qu’elle vit, comme si l’on y était mais en plus fort. Le documentaire (que je vous recommande) était déjà fort, mais lire le livre c’est découvrir au final ce que le film n’a fait qu’effleurer. Parfois, les images ne sont pas suffisantes et La Nostalgie Heureuse en est la preuve.

Tout le monde connaît cette expérience cruelle : découvrir que les lieux sacrés de la haute enfance ont été profanés, qu’ils n’ont pas été jugés dignes d’être préservés et que c’est normal, voilà.

Impossible, suite à cette lecture, de ne pas me plonger dans les autres romans d’Amélie Nothomb. J’ai donc fait l’acquisition de 6 de ses précédents livres. Autant vous dire que j’ai hâte de les lire !

Merci aux éditions Albin Michel pour ce partenariat ! 🙂

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Un magnifique hymne à l’amour, Edith Piaf d’Albert Bensoussan

A44932Titre : Edith Piaf
Auteur: Albert Bensoussan
Publié en: 2013 (France)
Genre : Biographie, document
Editeur : Gallimard (collection Folio)
Nombre de pages : 248
Prix : 7.50€

Du même auteur : Verdi, Federico Garcia Lorca, La vie en mouvement, Une enfance algérienne,…

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5.Emoustillant«C’est l’amour qui fait rêver.» 
Édith Piaf, de son vrai nom Édith Giovanna Gassion (1915-1963), est bien plus qu’une chanteuse de music-hall et de variétés. Celle qui fut très tôt surnommée «la Môme Piaf» est l’incarnation même de la chanson française. «La vie en rose», l’«hymne à l’amour», «La Foule» sont aujourd’hui encore des chansons interprétées dans le monde entier. Au-delà de toute mythologie – l’enfance pauvre à Belleville, sainte Thérèse lui redonnant la vue qu’elle avait perdue, l’usage de la morphine, ses nombreuses histoires d’amours avec Cerdan, Montand, Moustaki, etc. –, Albert Bensoussan nous dévoile une femme engagée dans son temps, forte et fragile, prenant tous les risques, surmontant toutes les douleurs, dont Cocteau affirmait qu’il n’avait jamais connu d’être moins économe de son âme, «qui ne la dépensait pas, mais la prodiguait et en jetait l’or par les fenêtres».

Edith Piaf. Voilà un nom que l’on connait tous. Vieux, jeunes, nous savons qui était cette merveilleuse chanteuse, cette Voix incomparable, inoubliable. Mais la femme derrière la chanteuse, qui était-elle ? Quelle vie ? Quelle enfance ? Quel quotidien a-t-elle vécue cette femme tiraillée par les deuils et la maladie ?

C’est ce qu’Albert Bensoussan nous fait découvrir aujourd’hui dans cette biographie de la grande Piaf. Courte, elle n’en est pas moins passionnante. De l’enfance d’Edith, en passant par ses relations conflictuelles avec son entourage, Albert Bensoussan n’omet rien et se permet même d’éclaircir les nombreuses légendes qui ont créées le mythe.

La France vit des heures difficiles, le général Weygand et le corps d’armée sont vaincus et se replient en juin, le maréchal Pétain entre en scène le 17 juin : « Je fais à la France le don de ma personne », et c’est l’armistice. Le 18 juin, De Gaulle, à Londres, reprend la balle au bond : « la France a perdu une bataille, etc… ». C’est la débâcle, Édith, comme tant d’autres, fuit la capitale et se replie sur Toulouse, avec son Meurisse ; et Canetti, avec eux, en bon imprésario, leur organise une tournée du Sud.  

Car Edith Piaf était une femme qui aimait contrôler son image. Se façonner. Offrir aux gens une belle histoire. Comme celle de sa naissance, faussement officialisée par une plaque commémorative bidon. Mais c’était surtout une icône de l’amour. Elle n’était qu’amour, chant et vie. Cette femme que la vie a pourtant rudement traitée.

Bercée dès mon enfance par la voix d’Edith Piaf, je n’en connaissais que très peu sur elle, mis à part ce que j’avais pu voir dans le film La Môme. Cette biographie a été l’occasion pour moi d’approfondir mon rapport aux textes, au chant d’Edith Piaf. Et j’ai adoré. C’est une vie extraordinaire qu’Edith Piaf a vécue. Riche, mais souvent malheureuse. Pleine mais jamais complètement parfaite. Quand le bonheur était là depuis trop longtemps, un malheur venait rétablir un statut Quo.

Qu’aurait été la chanson française sans ces métèques, ces nomades, ces Juifs réfugiés, comme aussi Francis Lemarque, de son vrai nom Nathan Korb, né d’une Lituanienne (qui sera déportée et mourra à Auschwitz) et d’un Juif polonais, auteur de l’immense succès de Montand, « À Paris », et lui aussi lancé par Canetti. Nous sommes toujours dans le monde d’Édith, qui aura à cœur d’aider les Juifs à payer un passeur et franchir la frontière.

Seul petit regret, cette édition, comporte un livret de photo. Pas assez à notre goût. 

Attention, cette biographie peut causer de très fortes envie de réécouter le répertoire d’Edith Piaf tout comme de voir ou revoir La Môme. Ayez toujours un CD ou un mp3 à portée de main !

Je remercie les éditions Gallimard et Livraddict qui m’ont permis de vous présenter ce livre.

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Des voix se lèvent…. Chinoises

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chinoisesTitre : Chinoises
Auteur : Xinran 
Publié en: 2003 (France)
Genre : Témoignage, Document
Editeur : Picquier poche (France)
Nombre de pages : 351
Prix : 8.60€ (Lire ce livre)

Du même auteur : Baguettes chinoises, Messages de mères inconnues, Mémoire de Chine…

(6) Coup de coeur (yo)De 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission où elle invitait les femmes à parler d’elles-mêmes. Elle a rencontré des centaines d’entre elles. Avec compassion, elle les a écoutées se raconter. Elles disent leurs souffrances incroyables : mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie… Mais elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste.

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C’est pendant mes études de CAP que j’ai découvert Xinran. Lors d’un cours sur la littérature asiatique, j’ai été intriguée par les thèmes abordés dans ses ouvrages. Ancienne présentatrice à la radio chinoise, journaliste, Xinran animait, il y a quelques années une émission, « Mots sur la brise nocturne », où les auditeurs, des femmes, anonymes souvent, prenaient la parole sur des sujets d’ordre familiaux, personnels et même sexuels, des sujets qui restaient souvent enfouis en elle. C’est cette émission qui lui a donné l’idée d’écrire les histoires de ces chinoises oubliées, qui ont pourtant vécue une vie dure, incroyablement violente parfois, pleine de désespoir.

Dans Chinoises, Xinran nous conte les destins de chinoises rencontrées dans le cadre de son émission ou lors de ses déplacements de journaliste. Elle nous présente, dans un recueil d’histoires toutes plus déchirantes les unes que les autres, les conditions horriblements dures des femmes chinoises dans une société extrêmement changeante.

Malgré les histoires déchirantes contées par ces anonymes, Chinoises est un ouvrage où l’espoir règne. L’espoir de voir cette société changer et prendre conscience de ses défauts. L’espoir de voir les histoires de ces femmes, inconnues, ne jamais être oubliées.

Pendant la lecture, ce sont surtout nos convictions occidentales qui en prennent un coup. Tout ce que nous pensons acquis de droit, des millions de femmes n’espèrent même pas y avoir un jour accès. Dans un monde moderne comme le nôtre, de nombreuses lois et traditions datant de plusieurs siècles sont solidement ancrés dans la société Chinoise, si fragile, évoluant sans cesse.

Chinoises n’est pas un livre qu’on lit pour se détendre, l’ouvrage ne laisse pas indifférent et de nombreuses émotions nous soulèvent tout au long de notre lecture. Dans un pays où le silence est d’or, des voix se lèvent et s’unissent pour témoigner. Ne les ignorons pas, laissons les s’exprimer et faisons en sorte que leur histoires ne se perdent jamais dans l’oubli…

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Quelques citations :

Vous vous interrogiez sur les liens entre l’amour, la tradition, la morale. Comment distinguer ces trois choses? Chaque culture, chaque sensibilité les perçoit différemment.

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Je me souviens d’avoir pensé que s’il y avait une autre vie, je ne voulais pas renaître femme.

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Je fais partie de ceux qui sont forts face aux autres, une soi-disant citadelle d’après les autres femmes, mais quand je me retrouve seule, je pleure toute la nuit : pour ma fille, mon mari, mon fils, et pour moi-même. Certaines personnes disent que le temps guérit tout, mais il ne m’a pas guérie, moi.

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du meme auteur

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Après la Rafle, un devoir de mémoire

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9782749914886Titre : Après la Rafle
Auteur : Joseph Weismann 
Publié en: 2011 (France)
Genre : Biographie, Témoignage
Editeur : Michel Lafon (France)
Nombre de pages : 297
Prix : 17,95€ (Lire ce livre)

Du même auteur :

(5) Ultra génial (yo)Juillet 1942. Au camp de transit de Beaune-la-Rolande où il a été transféré avec toute sa famille après une sinistre étape au Vél’d’Hiv, Joseph Weismann a déjà perdu l’insouciance de ses onze ans. Quand arrive le jour de la déportation, les forces de l’ordre s’emparent brutalement des adultes, laissant des centaines d’enfants déchirés de douleur. Les soeurs de Joseph ont également été emmenées. A bout de larmes, le jeune garçon décide de s’enfuir avec un copain. Ils mettront cinq heures à traverser les barbelés qui cernent le camp… Jusqu’à la Libération, ce gamin chétif va se cacher. Dénonciation ignoble, protection inattendue de deux gendarmes, maltraitance de certaines familles d' »accueil » et enfin un couple merveilleux qui va en faire un homme. Désormais, il a pour devise : « Le bonheur droit devant ». Il veut tout gommer, la souffrance a presque engendré le déni. Et ses cauchemars, la nuit, il n’en parle à personne. Ce n’est qu’en se rendant à Auschwitz, où les siens ont disparu avec tant d’autres, qu’il accepte de regarder l’horreur en face. Et c’est Simone Veil, un jour, qui l’incite à témoigner. Pour que les jeunes générations sachent. Pour qu’elles veillent à ce que l’Histoire ne se renouvelle pas.

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Totalement bouleversée par le film de Rose Bosch, La Rafle, j’ai voulu en apprendre plus sur le destin du jeune Jo Weismann dont l’on a aucune information sur sa vie entre son évasion du camp de Beaune-la-rolande et son passage au Lutetia à la fin du film.

Poussé par les gens attirés par le même désir que moi, mais aussi par Simone Veil, Joseph Weismann s’est lancé dans l’écriture de son histoire en 2011. Après la Rafle raconte donc le parcours du jeune garçon, de son arrestation à Montmartre à son parcours de mémoire qu’il réalise aujourd’hui.

Passionnant quoique parfois long, le récit charme et touche du début à la fin. Car Joseph Weismann nous démontre que les difficultés vécues par les juifs ne se sont pas stoppées à la fin de la guerre, loin de là. Batailles pour retrouver son identité puisque déclaré mort à Auschwitz, pour se faire accepter de ses camarades militaires mais aussi pour avancer dans la vie. Rien n’est évident lorsque l’on est juif.

Ce que j’ai découvert tout au long de ma lecture, ce sont les différences entre le film et la véritable histoire de Jo. Notamment ce fameux passage au Lutetia où l’on se rend compte qu’il a survécu et qu’il recherche ses parents. Il s’avère que ce dernier point est faux. Joseph Weismann n’a jamais fait la moindre recherche pour savoir ce qu’était devenu sa famille. Convaincu de leur retour pendant des années, il a fallu se rendre à l’évidence que ceux-ci ne reviendraient pas. Lorsque cela est arrivé, il n’a pas vu l’intérêt de remuer le passé. Et j’ai trouvé ça quelque peu dommage de ne pas savoir tout en ressentant une empathie pour cette décision difficile.

J’ai dévoré ce livre d’une traite, touchée par le quotidien de l’auteur et par ses nombreux combats pour s’en sortir. Il est dommage que le film de Rose Bosch ne traite pas plus de ces événements qui sont captivants. Heureusement,Après la Rafle est un complément parfait.

Le témoignage de Joseph Weismann s’inscrit comme l’un des plus indispensables de cet énorme travail de mémoire autour de la Shoah. Une voix qui ne doit jamais s’éteindre…

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Quelques citations :

« Je me mets chasse. Je parcours les tribunes, une à une, de haut en bas. Je vois des femmes, beaucoup de femmes, avec des bébés endormis dans leurs bras. J’en vois une, enceinte, qui se balance d’avant en arrière, comme si elle voulait bercer l’enfant dans son ventre. Je vois des corps entremêlés, des jambes, des pieds, des bras, et quelques têtes qui émergent du tas : ils sont vivants, pourtant, je les vois qui bougent de temps en temps. Tout doucement, pour ne pas gêner les autres. Oui, mais cette vieille dame, là, complètement avachie ? Sa tête repose sur sa propre épaule. C’est impossible, cette position ! J’essaie de la reproduire, sans succès. Je ne dois pas être assez souple. Ou pas assez mort. » p50

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« Je franchis le seuil du 54, rue des Abbesses. Aujourd’hui, la petite marchande de fleurs n’est pas là. Sinon, rien n’a changé. La porte de la concierge est fermée. Je ne m’attends pas à voir le rideau bouger : madame Auger n’a rien d’une commère, elle ne surveille pas les allées et venues des habitants de l’immeuble, sauf la nuit. Je traverse rapidement le premier bâtiment, puis la cour, et je pénètre dans la cage d’escalier. Je retiens mon souffle. Je monte, lentement, un étage, puis un autre, jusqu’au quatrième. Une fois devant la porte de l’appartement, j’appuie la paume de ma main contre son bois. Les cachets de cire que les policiers ont posés avant de partir n’ont pas bougé non plus. Je n’avais pas vu quel tampon ils avaient apposé : une croix gammée. » p109

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«  J’ai un défaut bien commode : quand la vérité ne me convient pas, je l’occulte, elle n’existe pas. En 1947, une fois tout à fait remis de ma primo-infection, presque serein et heureux chez les Margel qui m’ont accueilli comme un fils, j’apprends ce qui s’est vraiment passé, là-bas, une fois les trains arrivés à destination. Les noms sonnent de façon moins poétique que Pitchi Poï à mes oreilles. Auschwitz, Sobibor, Treblinka, Chelmno, Majdanek… Tous ces camps se trouvaient en Pologne. C’est donc vrai que mes parents sont retournés sur leur terre natale, finalement. » p196

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La petite garce dans la prairie

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9782916546902FSTitre : La petite garce dans la prairie (Confessions of a Prairie Bitch: How I Survived Nellie Oleson and Learned to Love Being Hated)
Auteur : Alison Arngrim
Publié en: 2010 (USA) /2011 (France)
Genre : Documentaire, Témoignage
Editeur : Florent Massot (France) / It Books (USA)
Nombre de pages : 250
Prix : …€

Du même auteur :

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(6) Coup de coeur (yo)Pendant sept ans, Alison Arngrim a joué une môme méchante, intrigante, égoïste, menteuse et manipulatrice dans une des séries de télévision les plus aimées au monde. Alors que les millions de téléspectateurs de La Petite Maison dans la prairie détestaient Nellie Oleson et ses pitreries diaboliques, Alison en vint à aimer son personnage la liberté et l’ assurance que Nellie lui inspirait.Dans La Petite Garce dans la prairie, Alison Arngrim raconte son enfance à Hollywood avec ses parents excentriques (Thor Arngrim, manager d’artistes comme Liberace, dont l’ appétit pour la publicité était insatiable, et la légendaire actrice de voix Norma MacMillan, qui jouait aussi bien Gumby que Casper le gentil fantôme) et évoque des moments inoubliables et truculents dans les coulisses de La Petite Maison.Alison raconte tout cela avec un esprit mordant, mais elle aborde aussi avec courage les défis qu’elle dut affronter : ses batailles pour survivre à une histoire traumatique d’abus sexuel, pour vaincre sa dépression et sa timidité paralysante et pour faire face au secret que son père lui cacha pendant vingt ans. Elle partage également avec nous la terrible douleur de la perte de son mari de télévision et meilleur ami, Steve Tracy, emporté par le SIDA. Cet événement lui inspira une seconde carrière dans l’activisme social et politique.Nellie Oleson lui aura appris l’audace, l’intrépidité et la détermination, elle sera éternellement reconnaissante à la plus grande petite garce dans la prairie de lui avoir montré le chemin.  

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Elle a terrorisé des générations entières, attisé les foudres des pro-Laura et des pro-Marie, Nellie Oleson est de retour… enfin presque ! Car ici, si l’on découvre de nombreuses anecdotes sur le tournage d’un des shows les plus diffusés dans le monde (quand on y pense, ça fait tout de même plus de 30 ans que Carrie se casse la gueule dans cette foutue prairie!), c’est le quotidien d’Alison Arngrim que l’on nous dévoile.

Parce qu’aujourd’hui encore, nombreuses sont les personnes qui font l’amalgame entre le personnage de Nellie et celle qui l’interprétait, Alison. C’est son parcours que l’on découvre dans ces pages. A mille lieux de son rôle, la petite Alison n’a pas eu une vie simple. Élevée par des parents qui n’en ont que le titre, violée dès l’âge de six ans et pendant plusieurs années par son frère aîné, elle doit se construire dans un quotidien qui ne cesse de changer. A lire son passé, on découvre comment, avec courage et détermination, elle se sort de cet univers difficile et fait de ces expériences, un point fort pour aider les autres.

Il ne faut pas croire qu’Alison Arngrim dévoile tout au long de son livre des instants sombres, non. Anecdotes croustillantes, explications sur son quotidien sur le tournage de La Petite Maison… et sur ses relations amicales avec Melissa Gilbert, on sent une douce nostalgie et des souvenirs tendres qui prennent le dessus sur les plus durs, les plus amers.

Dans ce livre, la meilleure amie de Nellie raconte tout. L’avant, le pendant et l’après La Petite Maison, ses douleurs successives lorsqu’elle perd son meilleur ami, Steve Traçy (Percival dans le show), mais aussi Michael Landon (décédé d’un cancer du pancréas en 1991), sa mère puis son père. Mais aussi ses nombreux combats pour des causes justes, notamment l’abolition de la loi de « L’exception » en Californie, loi qui empêche de condamner les parents proches d’un enfant subissant un inceste.

Alison Arngrim n’est pas seulement une bonne comédienne, c’est également une femme remarquable. Prévoyez du temps car, non seulement vous ne pourrez résister à l’envie de revisionner La Petite Maison dans la Prairie, mais en plus, la curiosité de découvrir Alison dans ses autres rôles ne vous lâchera pas.

Finalement, le seul défaut que l’on pourrait noter sur cet ouvrage est un carnet photo trop fin. Néanmoins, cette lecture est si agréable que l’on n’y prêtera que peu d’attention. Vous ne verrez plus Nellie Oleson de la même manière… 

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Quelques citations :

Nous étions dans les années soixante-dix, porter des pantalons serrés sans sous-vêtements était la posture à la mode à Hollywood. Mais ne pas porter de sous-vêtements sous la culotte XIXe de Charles Ingalls !? Mais que lui passait-il par la tête ? Voilà ce qui lui passait par la tête : NBC avait fait une enquête pour déterminer la tranche d’âge des téléspectateurs qui regardaient notre feuilleton et il se trouve que la majeure partie d’entre eux étaient des femmes de plus de 40 ans. Or, Michael savait exactement ce qu’elles aimaient : les pantalons étaient donc coupés dans un tissu fin, les sous-vêtements restaient dans le tiroir, et la chemise était le plus souvent possible absente elle aussi, dévoilant son torse glabre parfaitement bronzé parcouru simplement par ses bretelles qui passaient juste à côté de ses tétons (au cas où on ne l’aurait pas remarqués). p146-147

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Jouer Nellie et être marquée à vie comme « garce » est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. J’entends souvent des acteurs se plaindre d’être éternellement identifiés à des personnages qu’ils ont joués par le passé. Ils les rejettent, refusent de parler de ce « vieux feuilleton », méprisent leurs fans, les trouvent idiots ou pas cools. Pas moi. Lorsque j’ai trouvé ce qui me permettrait de faire bouillir la marmite, je n’ai jamais craché dans la soupe. Le coeur joyeux, débordant de gratitude, je serre contre moi Nellie Oleson, La Petite Maison dans la prairie et les fans du monde entier. Et ce, jusqu’à mon dernier souffle de garce. Aujourd’hui, en écrivant ce livre, je peux enfin dire combien cela a été important pour moi. Parfois les gens me disent que la raison pour laquelle ils aimaient autant le feuilleton c’était parce que leur enfance ne ressemblait pas à cela. La mienne non plus. Et certains m’ont avoué à quel point Nellie Oleson était importante dans leur vie. Pas autant que pour moi… » p12-13

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« Il était difficile de ne pas se sentir belle lorsqu’on savait que l’homme qui nous maquillait avait été le maquilleur de Marilyn Monroe […]. Whitey avait toujours sur lui une pince à billets en or. Un jour, Gladys me racontait le plaisir que ça avait été de travailler avec Marilyn et combien ils l’avaient tous aimée (cela détruisait en quelque sorte toute la mythologie de la diva qui l’entourait – ceux qui l’avaient fréquentée dans le travail disaient qu’elle était douce et vulnérable, délicate en somme) et elle me montra un collier avec un pendentif en or que Marilyn lui avait donné et demanda à Whitey de me montrer ce qu’elle lui avait donné à lui. Il sortir une liasse de billets de sa poche : la pince à billets l’accompagnait tout le temps, il l’utilisait tous les jours. Il y avait ces mots gravés : « Tant que je suis encore chaude – Marilyn ». Je trouvais cette inscription très étrange et j’allais ouvrir la bouche pour demander ce que diable cela voulait dire lorsque Whitey la reprit et la rangea précipitamment. Gladys me jeta un regard signifiant « pas de commentaire » en secouant la tête. Dès que Whitey eut quitté la pièce, elle me dit que c’était un sujet sensible. L’inscription faisait référence au fait que Marilyn disait en rigolant à Whitey : « Oh Whitey, tu maquilles tellement bien ! Quand je serai morte, je voudrais que tu me maquilles tant que je serai encore chaude ! ». Un jour, elle lui donna la pince à billets. Ce cadeau serait resté une plaisanterie si elle n’était pas morte tragiquement à l’âge de 36 ans et que Whitey n’avait pas été à la morgue maquiller le visage de son amie décédée. » – p90-91

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++ Si Melissa Gilbert avait initié la voie des mémoires du tournage en publiant  Prairie Tale (inédit en France), Melissa Sue Anderson n’a pas perdu de temps pour donner  sa vision des choses. Il faut dire que cette dernière ne jouit pas d’une très bonne réputation. Désagréable voire même méchante, elle ne sociabilisait avec personne de son âge sur le tournage, passant de ce fait, pour la vraie peste.

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++ A l’époque du tournage, tout le monde pensait (cast comme journaliste), qu’Alison Arngrim et Steve Traçy sortaient vraiment ensemble. Chose impossible puisque ce dernier était gay. Les deux comparses s’en amusait beaucoup, quitte même à faire enfler les rumeurs sur leur soi-disant couple.

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++ Le mystère de la chute de Carrie se voit enfin révélée ! On sait désormais pourquoi celle-ci se casse la figure depuis plus de trente ans. Venant à peine de se reveiller, l’une des deux jumelles jouant le rôle, a dû se hâter. Dans la précipitation, sa mère, étourdie, lui a mis les chaussures à l’envers. Mal réveillée et déstabilisée, la petite n’a pas pu s’empêcher de tomber. Michael Landon a trouvé la prise tellement drôle qu’il a décidé de la garder.

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