Fantastique·Livre de poche

Docteur Sleep : Bon livre mais mauvaise suite

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Danny Torrance, le petit garçon, qui, dans Shining, sortait indemne de l’incendie de l’Hôtel Overlook, est devenu un adulte. Alcoolique et paumé comme l’était son père, il est maintenant aide-soignant dans un hospice où, grâce aux pouvoirs surnaturels qu’il n’a pas perdus, il apaise la souffrance des mourants. On le surnomme Docteur Sleep. Lorsqu’il rencontre Abra, une fillette de 12 ans pourchassée par un étrange groupe de voyageurs, Danny va retomber dans l’horreur. Commence alors une guerre épique entre le bien et le mal…

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Ayant adoré Shining, j’avais hâte de découvrir ce roman, considéré comme sa suite et qui mettait en lumière, le petit Danny que l’on avait suivi tout le long de la tragédie de l’hôtel Overlook.

Docteur Sleep se lit bien grâce à une intrigue prenante, des personnages auxquels on s’attache et une tension bienvenue tout au long de la lecture. L’histoire d’Abby et de Dan qui suit bien trop les traces de son père est bien ficelée et pleine de rebondissements. Le duo est efficace et donne lieu a des scènes fortes en émotions. Les Vrais, quant à eux, sont des gens surprenants et j’aurais aimé en savoir plus sur leur histoire et leurs origines. Mr King, si vous décidez d’en faire un livre, j’achète !

L’esprit est un tableau noir. L’alcool, la brosse à effacer.

Mais paradoxalement, si Docteur Sleep est un bon roman c’est une très mauvaise suite. On y perd tout ce qui faisait le génie de Shining. L’histoire développée par King est bonne, mais pas aussi complexe ni aussi poussée. On passe trop vite sur des éléments qui sont pourtant captivants. Dommage lorsque l’on constate les nombreux passages longs et sans intérêt qui composent ce roman et qui auraient largement pu être coupés.

Si on laisse de côté cette notion de suite, le seul véritable point noir de Docteur Sleep est sa fin. Trop rapide sur certains points, trop lente sur d’autres, elle laisse un sentiment en demi-teinte. King aurait largement pu réduire son récit afin de garder pleine, la tension qui s’évapore à tout vitesse, telle la Vapeur nécessaire aux Vrais.

Elle se disait que les choses ne pouvaient pas être pires mais elles peuvent toujours le devenir et bien souvent, elles ne s’en privent pas.

Si vous décidez de lire ce roman (bien vous en prendra), ne lui en demandez pas trop, vous passerez ainsi un bon moment, car finalement, c’est tout ce qu’on veut en le lisant.

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9782253151623-001-T 9782253183600-001-Tsans-titre-12Grand Format : Albin Michel – 25€ / Poche :  Livre de Poche – 8,90€sans-titre-12

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Bragelonne·Fantastique

New Victoria : Zombies, Ambiance Victorienne et compagnie…

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51Fx0s5MrHLNora Dearly, jeune fille de la haute société de New Victoria, est plus intéressée par l’histoire militaire de son pays que par les bals et les jolies robes. Elle n’imaginait pas que la mort de son père, le docteur Dearly, la projetterait au cœur des conflits qui menacent les frontières du pays… Kidnappée par une faction rebelle, Nora doit combattre ses préjugés pour comprendre leurs motivations. Bram Griswold, un jeune soldat courageux et séduisant, entend bien lui ouvrir les yeux sur la véritable menace qui pèse sur les vivants… comme sur les morts.

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Ah New Victoria ! Je vous ai déjà dit que j’aimais les zombies ? Je suis une grande fan depuis un moment déjà de tout ce qui est gore, cadavre ambulant et mangeur de chair pourrissant. Quand j’ai débuté ce roman pourtant, je n’avais du tout en tête que je tenais là, une histoire aussi particulière que celle-ci. Car contrairement à ce que cette couverture laisse paraître, New Victoria n’est en aucun cas issu de l’univers steampunk.

On aurait pu le croire pourtant. Mais il s’agit en fait…. d’une dystopie ! Et vous savez à quel point j’aime les dystopies ! Pour le coup, celle-ci s’éloigne des clichés du genre maintes et maintes fois utilisés pour développer un univers futuriste où la société est revenue à l’époque victorienne. Ou plutôt, Néo-victorienne. Quelle bonne idée !

EVERYTHING IS SO FANCY

On y suit Nora, jeune fille plutôt sympathique, à laquelle on accroche très vite. Manque de bol pour elle, son père est mort et sa tante, avec qui elle vit, dépense sa fortune à tout va. Résultat des courses, Nora n’a plus le choix, sa tante est bien décidée à lui trouver un bon parti au portefeuille bien florissant.

J’avais une terrible envie de lever les yeux au ciel, mais on nous déconseillait de le faire. Les muscles qui entouraient les yeux étaient toujours parmi les premiers à lâcher.

Un projet très rapidement entravé par un concurrent plus très frais, mais assez mignon. Nora est enlevée par une meute de zombies et ceux-ci, contrairement aux apparences, n’en ont pas après sa chair fraiche. Nora va devoir ouvrir son esprit et découvrir que son monde est en train de changer à jamais…

N’empêche, quand on y pense, c’est plutôt effrayant. Vous êtes là, tranquillement chez vous, à siroter un thé dans votre belle tenue de soie, dans un style très british, quand tout à coup, vous découvrez que vous avez le choix entre suivre un mec étrange, à l’air plus mort que vivant et vous faire embarquer par un groupe de cadavres peu commodes.

Heureusement pour Nora (et pour nous), celle-ci a un sacré caractère ! New Victoria est assez dense. Il y a largement de quoi faire avec ses 576 pages. Mais on ne s’ennuie pas une seule minute. Lia Habel a une imagination débordante et nous en fait profiter pour notre plus grand plaisir offrant un roman original, ne ressemblant à aucun autre.

J’ai aimé ce premier tome et cette héroïne à forte tête. New Victoria est à découvrir pour qui souhaite se divertir et se plonger dans une histoire ne ressemblant à aucune autre !

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Grand Format : Castelmore (T1 disponible / T2 manquant) – 17,20€ / Bragelonne – Plus édité / Poche : N’existe passans-titre-12

Fantastique·Fleuve editions

Angelopolis : Evangéline et Verlaine reviennent !

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9782265089051Titre : Angelopolis (La Malédiction des Anges tome 2)
Auteur : Danielle Trussoni
Publié en: 2013 (USA) /2014 (France)
Genre : Fantastique
Editeur : Fleuve Editions (France) / Viking Adult (USA)
Nombre de pages : 320
Prix : 20€

Du même auteur : La Malédiction des Anges (Angelology)

Découvrez-le !

(5) Ultra génial (yo)Ils sont les gardiens du mal et depuis des siècles, manœuvrent dans l’ombre pour dominer le monde. Évangéline est la seule qui pourrait les en empêcher… si elle n’était pas l’une des leurs. Son choix scellera la destinée de tous.

De Paris aux montagnes bulgares en passant par les mystères occultes des palais des Tsars, une course-poursuite effrénée s’engage entre anges et humains. Parmi eux, Verlaine, l’un des meilleurs chasseurs d’anges, finit par découvrir le moyen de neutraliser ces créatures. Un dilemme s’impose à lui : sauver Évangéline, dont il est éperdument amoureux, ou préserver le monde des hommes.

Alors que le combat ultime contre les anges déchus approche, quel camp choisira Évangéline ? Qui gagnera la bataille millénaire entre le Bien et le Mal ? 

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Je l’attendais avec impatience et le voilà ! Le tome 2 de La Malédiction des Anges débarque enfin chez nous ! Quand j’ai su, après avoir fini le premier tome, qu’une suite était en préparation, j’étais en joie. Il faut dire que cette lecture m’avait énormément plu.

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Dix ans se sont écoulés entre les deux tomes. Dix années où nos deux héros ont vu leurs vies chamboulées de bien des manières. Chose étonnante : tandis que La Malédiction des Anges se concentrait tout autant sur Evangéline que Verlaine, ici, ce n’est plus le cas. Angelopolis met en avant l’ancien enquêteur de Percival Grigori. Devenu Chasseur, Verlaine est à la recherche de celle qui a marqué son existence.

Plus court de moitié que le premier tome, Angelopolis marque un changement profond. Plus sombre, ce tome de transition nous en apprend plus sur la nature profonde d’Evangéline. Pourtant, de la jeune femme, nous n’en verrons que peu. Sa présence s’efface pour laisser place à une enquête incroyablement bien tissée, mettant en scène de manière surprenante la famille Romanov. Même si elle reste une des figures majeures de la série, elle est remisée au second plan. Surprenant de prime abord, on finit par s’y faire.

Malgré tout, Angelopolis n’est pas exempt de défaut. Trop rapide, cette suite lâche énormément d’informations. Trop peut-être. Les éléments les plus importants sont ainsi dévoilés à la va-vite, au point qu’il est facile d’en louper certains. Même l’intrigue semble se dérouler en vitesse x2. Lorsque l’on voit le travail effectué sur La Malédiction des Anges, on se dit que Danielle Trussoni aurait pu mieux faire. Bon nombre de points évoqués brièvement dans cette suite auraient mérités d’être fouillés. On peut espérer que ce soit le cas dans le prochain tome (et dernier ?).

La lecture d’Angelopolis n’en est pas moins agréable et le plaisir de retrouver des personnages que l’on a appris à aimer est un bonheur. Il est toutefois un poil en dessous du premier. La suite devrait nous proposer encore une fois, une plongée extraordinairement passionnante dans l’univers d’Evangéline et Verlaine. Reste à savoir quand.

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Quelques citations :

La chasseuse déverrouilla la porte et Bruno entra. Sa peau se hérissa sous l’effet du froid, son souffle forma de la condensation dans l’air et ses semelles glissèrent sur le dol givré. Il fallut un instant à sa vue pour s’habituer. Il distingua les jambes nues d’Eno, sa peau bleu-gris drapée de volutes de vapeur. Son visage était figé par le sommeil, ses yeux étaient clos, ses lèvres violettes.

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Stories of a mythical angel paradise called an Angelopolis are like Peter Pan’s Never Never Land.

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Leave it to the Russians to have an angel gulag.

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Fantastique·Livre de poche

Carrie de Stephen King

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9782253096764-TTitre : Carrie
Auteur : Stephen King
Publié en: 1974 (USA) / 1976 (France)
Genre : Horreur, Fantastique
Editeur : Le livre de Poche
Nombre de pages : 288
Prix : 6.60€ (Envie de le lire ?)

Du même auteur : Shining, Docteur Sleep, Simetierre, Salem, La Tour Sombre,…

(4) Super (yo)Élevée par une mère fondamentaliste intégriste, Carrietta White, adolescente et collégienne dans le Maine, découvre dans un moment de douleur terrible qu’elle détient des pouvoirs télékinésiques d’une rare force. Rejetant les obsessions religieuses et l’éducation sévère de sa mère, Carrie tentera désespérément de s’intégrer au groupe de jeunes gens composé de beaux joueurs de football et de joli pom-pom girls du collège. Elle croira même, un court instant, avoir réussi. Malheureusement pour la ville de Chamberlain, un concours de circonstances va pousser Carrie à se servir de son don pour se venger des humiliations que lui auront fait subir ses camarades de classe.

55454Carrie, je connaissais pour avoir vu le film de Brian de Palma il y a plusieurs années. Quand j’ai entendu qu’un remake allait sortir, j’ai eu envie de me plonger enfin dans le roman. C’est donc avec Carrie que je découvre la plume de Stephen King (j’avais tenté Dôme mais avait déchanté après trois pages).

Plutôt court, Carrie pose tout de suite l’intrigue. Stephen King incorpore dans son histoire des extraits de livres, de comptes rendus de police, de dépêches de presse afin d’ancrer un peu plus son histoire dans la réalité. Mais il fournit également au lecteur suffisamment d’informations pour le captiver jusqu’à la fin.

Personne ne fut réellement surpris lorsque se produisit la chose ; non pas moins au niveau du subconscient où s’engendrent et se développent les notions sauvages, primitives. En surface, toutes les filles présentes dans la salle de douche furent sidérées, surexcitées , confondues ou simplement enchantées que cette garce de White ait une fois de plus pris plein les gencives. Certaines d’entre-elles manifestèrent peut-être leur surprise était feinte. Carrie était la compagne de la classe de plusieurs d’entres elles depuis la neuvième classe et la chose s’était développée depuis ce temps-la, développée lentement, immuablement, selon toutes les lois qui gouvernent la nature humaine, développée avec la précision d’une réaction en chaîne approchant de la masse critique.

Car une fois que l’on a commencé Carrie, difficile de reposer le livre. Tout est fait de tel manière à ce que l’on ai l’impression de lire une histoire très courte. Courte, mais intense.

Sans aucun temps mort, King développe son univers et son histoire avec un talent impressionnant. Très visuelle, sa plume capte le lecteur dont l’imagination boit les nombreuses descriptions. On comprend aisément que deux réalisateurs aient eu envie de l’adapter.

-Rouge,murmura maman. J’aurais dû m’en douter qu’elle serait rouge. (…) Je vois tes salbosses. Tout le monde va les voir. Ils vont regarder ton corps. Le livre dit… 
-Ce sont mes seins, maman. Toutes les femmes en ont.
-Enlève cette robe, dit maman.
-Non.
– Enlève cette robe, Carrie. Nous allons descendre et la brûler dans l’incinérateur; ensuite nous ferons des prières pour obtenir le pardon de Dieu. Nous ferons pénitence.(…)

Mais revenons à l’histoire. Carrie est une jeune adolescente que la vie n’a pas épargnée. Au lycée, elle est la tête de turc. Et chez elle, ce n’est pas mieux. Vivant avec une mère illuminée, fanatique de Jésus, elle passe le plus clair de son temps enfermé dans un placard étroit où sa mère l’oblige à prier.

Une vie misérable à laquelle elle semble irrémédiablement condamnée. Et pourtant, les choses vont changer lorsqu’une de ses camarades décide de se repentir et lui offre la possibilité d’assister au bal de fin d’année avec le garçon le plus populaire du lycée…

Car elle comptait bien les entraîner avec elle, jusqu’au dernier, et tout détruire par le feu jusqu’à ce que la puanteur de la ville calcinée imprégnât tout le pays.

Le pitch est simple, efficace et King le façonne de telle manière que l’on en devient accro. Car cette banale histoire, l’auteur devenu culte, lui insuffle une pointe d’horreur divinement bonne.

Notons d’ailleurs que Carrie est le premier roman de Stephen King.

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Fantastique·SF

Sept secondes pour devenir un aigle de Thomas Day

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40898Titre : Sept secondes pour devenir un aigle
Auteur : Thomas Day
Publié en: 2013 (France)
Genre : Science-fiction / Fantastique, Uchronie
Editeur : Le Bélial’
Nombre de pages : 352
Prix : 19€ (Envie de le lire ?)

Du même auteur : Sympathies for the devil, Une forêt de Cendres, La Mécanique des profondeurs,…

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(3) Pas accrochée (yo)Lumière Noire a dit : « J’ai mes croisés, mes anges, et maintenant ma papesse… » Une île du Pacifique à la fois tombeau de Magellan et unique territoire d’un arbre à papillons endémique… Un homme au visage arraché par un tigre mais qui continue de protéger « la plus belle créature sur Terre », coûte que coûte… Un Sioux oglala sur le chemin du terrorisme écologique… Un trio de jeunes Japonais qui gagne sa vie en pillant la zone d’exclusion totale de Fukushima… Des Aborigènes désœuvrés cherchant dans la réalité virtuelle un songe aussi puissant que le Temps du Rêve de leur mythologie… Une Terre future, post-Singularité, inlassablement survolée par les drones de Dieu…

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Ce livre, je l’avais repéré dans une librairie et j’avais été intriguée par l’ambiance qui semblait s’en dégager. Alors, quand Babelio l’a proposé dans le cadre de sa Masse Critique, je n’ai pas hésité, je me suis proposée.

Parmi toutes nos lectures, il y en a un petit nombre où l’on accroche pas. Non pas que l’histoire soit mauvaise, non, mais, sans vraiment savoir pourquoi, l’esprit n’adhère pas. C’est comme ça, c’est le jeu. Malgré mes effort, la plume de Thomas Day n’a pas su trouver grâce et j’y suis restée insensible.

Une haine comme ça, elle ne vient pas de l’extérieur, c’est un sentiment intime, une marée qui emporte tout sur son passage, ça n’a aucun rapport avec la volonté. C’est quelque chose qu’on porte dans chacune de ses cellules, dans chacun des atomes qui les composent. Et si on arrive à conjuguer sa pureté avec cette haine, alors on peut devenir une sorte de fantôme ; mais pas évanescent, au contraire, dense, toujours plus dense. Pas un fantôme, le mot est mal choisi, mais une sorte de cavalier de l’Apocalypse qui serait ni chrétien ni biblique, un ange amérindien. Un oiseau-tonnerre.

De toutes les nouvelles diverses et variées qui composent ce recueil, seul un extrait d’Ethologie du tigre m’a trouvé bon public. Hormis cela, le monde complexe et passionné de l’auteur est resté inconnu. Ou plutôt, je m’y suis vu étrangère, incapable de m’intégrer dans cet univers.

Je souhaite remercier Babelio et les éditions du Bélial’ pour ce livre et j’espère, chers lecteurs, que mon infortune ne sera pas la vôtre. Je vous invite à découvrir la jolie plume de Thomas Day, à vous faire votre propre avis et à tenter l’aventure.

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