Biographie·Littérature Etrangère·Livre de poche

Lots of Love : Scott et Scottie, Correspondance 1936-1940

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9782253127925-TÀ l’époque je ne tolérais pas qu’on me dicte quel livre lire, comment le lire, pour quelle matière scolaire opter, si je devais ou non participer au journal de l’université, avec quelle étudiante partager ma chambre, à quel match de football assister, quoi penser de la guerre d’Espagne […]. Maintenant prêtez bien attention à ce que va dire mon père. Car il donne de précieux conseils dans ses lettres, et je suis convaincue que s’il ne s’était pas agi de mon père, lui que je pouvais à la fois haïr et aimer, j’en aurais tiré un meilleur profit et, aujourd’hui, je serais la femme la mieux éduquée, la plus chanceuse et la plus irréprochable du monde. Frances Fitzgerald

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C’est après avoir lu l’excellent Z Le Roman de Zelda que je me suis prise de passion pour la famille Fitzgerald. Ce livre m’avait bouleversée et j’avais envie d’en savoir plus. J’ai donc épluché les sites, cherchant de quoi assouvir ma soif de connaissance. Et je suis tombé sur ce petit recueil de lettres de Francis Scott Fitzgerald et de sa fille Scottie que l’un et l’autre se sont envoyés pendant les quatre dernières années de la vie de l’écrivain.

Et si les lettres contiennent beaucoup d’amour, beaucoup de conseils d’un père à sa fille, on y découvre les soucis de Fitzgerald sur cette période difficile de sa vie. C’est riche, passionnant, émouvant aussi. Au delà de l’écrivain, c’est l’homme que l’on découvre. Un homme qui tente de donner une bonne éducation à sa fille, qui travaille pour subvenir à ses besoins et qui joue le rôle de double parent, sa femme n’étant pas capable de s’occuper de son enfant. Un homme non sans défaut qui se livre parfois crûment à sa fille évoquant des regrets sur son mariage avec sa mère :

“Mon erreur fut d’épouser ta mère. Nous appartenions à des mondes différents : elle aurait pu être heureuse avec un brave homme dans un jardin du Sud. La vigueur nécessaire pour le dur combat de l’existence lui manquait ; parfois elle faisait semblant de lutter et le feignait à ravir, mais ne faisait guère autre chose. Elle se laissait aller quand il eût fallu tenir bon et s’obstinait quand elle aurait dû céder. Jamais elle n’a su employer son énergie à bon escient, et tu as hérité de ce défaut. J’en ai longtemps voulu à sa mère de ne lui avoir inculqué aucun bon principe, rien sinon la vanité et l’arrivisme. Par la suite, je n’ai jamais pu supporter les femmes élevées à ne rien faire et l’un de mes plus chers désirs a été de te préserver d’un sort pareil, de t’empêcher de devenir ce genre de femmes qui attirent le désastre sur elles-mêmes et sur autrui.” Francis Scott Fitzgerald à sa fille Scottie, Lettre du 7 juillet 1938 (p107)

Des mots incroyablement durs, qui m’ont choqués. Tant dans la forme (c’est sa fille tout de même) quand dans le fond (y a-t’il eu de l’amour dans ce couple maudit ? Qu’a-t’il fallu pour en arriver là ?). Mais qui m’ont donnés, eux aussi, envie d’en savoir plus. J’ai donc acheté le recueil de lettres que Fitzgerald et Zelda se sont envoyés pendant des années : Dear Scott, Dearest Zelda: The Love Letters of F.Scott and Zelda Fitzgerald.

Ce fut une lecture incroyable que celle-ci. Je vous recommande chaudement ce petit recueil qui met en lumière l’auteur de Gatsby, cassant le mythe pour faire ressortir l’homme derrière. Et si vous n’avez pas lu Z Le Roman de Zelda, je ne peux que vous conseiller de foncer l’acheter dans votre librairie. C’est une lecture dont on ne ressort pas indemne.

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Grand format : Bernard Pascuito – Plus édité / Poche : Livre de Poche – 6,10€

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Livre de poche·Polar

Rester Groupés de Sophie Hénaff : LE polar de l’été !

sans-titre-129782253092445-001-TÇa bouge au 36 Quai des Orfèvres. De nouvelles recrues rejoignent les rangs de la brigade maudite du commissaire Anne Capestan, dont Saint-Lô, sorti de l’hôpital psychiatrique dans la peau de D’Artagnan, et Ratafia, rat policier. 
Sale affaire pour l’équipe de bras cassés : trois assassinats éparpillés sur le territoire. Un point commun : le tueur a prévenu ses victimes. Cerise sur le gâteau : l’ex-beau-père de Capestan est l’une d’elles.

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J’ai attendu ce second tome comme le Messie après avoir eu un énorme coup de coeur pour Poulets Grillés. Ma patience a enfin été récompensée et l’attente valait la peine !

Rester Groupés reprend peu de temps après la fin du premier tome. Nous qui pensions que la résolution des deux affaires amènerait un vent de gloire sur la brigade la plus mal-aimée du 36, il n’en est rien. C’est même tout le contraire ! On retrouve donc nos policiers démotivés, plus occupés à jouer au billard qu’à résoudre de « nouveaux » mystères.

– Capestan, vous avez craqué les sécurités d’un site commerçant sans autorisation du Parquet et sans couvrir vos traces ?
– Ah… hélas, ce n’est pas exclu, répondit la commissaire en observant Dax de loin.
– Pas exclu, pas exclu. Vous l’avez donné, cet ordre, ou pas ?
– De craquer ? Oui, absolument. En revanche, je pensais que l’effraction serait plus discrète.
– Voilà ce que j’appelle présenter des excuses et réaliser la portée de ses actes, Capestan ! « Je ne pensais pas me faire gauler  » comme le premier délinquant venu.

Aussi bon que le premier, ce tome reprend le même principe. Deux enquêtes qui, à priori, n’ont rien en commun mais qui vont très vite se rejoindre. Petit plus, cette course contre la montre, cette compétition entre brigade pour savoir qui résoudra le meurtre d’une ancienne figure de la Police. C’est rythmé, efficace. On en apprend également plus sur Capestan et son passé. Un passé extrêmement lié à l’enquête en cours….

De nouveaux personnages font également leur apparition et apportent un vent frais à la série grâce à de nombreuses situations cocasses. On appréciera notamment le personnage de Saint-Lô, un sacré numéro que l’on espère bien plus présent dans les prochains tomes (optimisme quand tu nous tiens).

Un couinement attira leur attention. C’était le rat de Merlot qui se faufilait jusqu’à sa gamelle au pied du laurier. Les deux policiers le regardèrent grignoter quelques graines. D’une tape légère, Lebreton se débarrassa de sa cendre dans le cendrier à ses pieds. Avant de reprendre sa cigarette, il remarqua sobrement :
– Çà aurait pu être un cochon.
Capestan considéra le rongeur quelques secondes.
– C’est vrai, on ne s’en sort pas trop mal, concéda-t-elle avant de changer de sujet.

Rester Groupés est LE polar de l’été, parfait pour décompresser ! Il n’y a plus qu’à attendre une suite, pas encore annoncée mais qui devrait bien pointer le bout de son nez au vu de la fin de Rester Groupés.

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41pxnkiukuL._SX210_ 9782253092445-001-Tsans-titre-12Grand format : Albin Michel – 18.50€ / Poche : Livre de Poche – 7,30€sans-titre-12

Livre de poche·Polar

Poulets Grillés : Une comédie policière déjà culte !

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41pxnkiukuL._SX210_Le 36 quai des Orfèvres s’offre un nouveau patron. Le but de la manœuvre : faire briller les statistiques en placardisant tous ceux qu’on ne peut pas virer et qui encombrent les services. Nommée à la tête de ce ramassis d’alcoolos, de porte-poisse, d’homos, d’écrivains et autres crétins, Anne Capestan, étoile déchue de la Judiciaire, a bien compris que sa mission était de se taire. Mais voilà, elle déteste obéir et puis… il ne faut jamais vendre la peau des poulets grillés avant de les avoir plumés !

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Quand je suis tombée sur Poulets Grillés, je cherchais un livre à lire pour éradiquer une vilaine panne de lecture. Je l’avoue, à la base, je n’étais pas plus emballée que ça et je me suis lancée avec, dans l’idée, que je le reposerais rapidement.

Ce fut effectivement le cas. Après avoir dévoré toutes les pages jusqu’à la dernière. Impossible de lâcher ce roman, tant le coup de coeur fut immense. Sophie Hénaff a un don pour offrir une histoire prenante, mêlant enquêtes passionnantes à Paris et en Bretagne, humour décapant et personnages hauts en couleur.

Très bien Capestan, je vous résume la chose : on nettoie la police pour faire briller les statistiques. Les alcoolos, les brutes, les dépressifs, les flemmards et j’en passe, tout ce qui encombre nos services mais qu’on ne peut pas virer, on le rassemble dans une brigade et on l’oublie dans un coin. Sous votre commandement. En septembre.

Ce sont eux qui charment immédiatement le lecteur. Une belle bande hétéroclite de cas sociaux auquel on s’attache et qu’on ne veut plus lâcher. Ma préférence allant pour Torrez, le poissard de service, évitant tout contact avec ses collègues après en avoir envoyé deux à l’hôpital, et Anne Capestan, une jeune femme forte qui est bien décidée à ne pas se laisser marcher sur les pieds.

J’ai craqué pour le style de Sophie Hénaff, drôle, touchant, rythmé, c’est un petit bonheur à lire. J’espère la lire encore longtemps, sa carrière prometteuse de romancière venant seulement de commencer.

Un placard. Tout simplement. Très grand modèle. Une poubelle, plutôt. Une unité de répudiés, la poulaille honteuse du département, tous unis dans une benne à ordures. Et elle était la cerise sur le radeau, la chef.

Poulets Grillés est idéal pour l’été : entre deux gros romans, contre les pannes de lectures…. Un remède idéal aux petits bobos du coeur et de l’esprit. A découvrir et à partager !

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41pxnkiukuL._SX210_ 9782253092445-001-Tsans-titre-12Grand format : Albin Michel – 18.50€ / Poche : Livre de Poche – 7,30€sans-titre-12

Fantastique·Livre de poche

Docteur Sleep : Bon livre mais mauvaise suite

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Danny Torrance, le petit garçon, qui, dans Shining, sortait indemne de l’incendie de l’Hôtel Overlook, est devenu un adulte. Alcoolique et paumé comme l’était son père, il est maintenant aide-soignant dans un hospice où, grâce aux pouvoirs surnaturels qu’il n’a pas perdus, il apaise la souffrance des mourants. On le surnomme Docteur Sleep. Lorsqu’il rencontre Abra, une fillette de 12 ans pourchassée par un étrange groupe de voyageurs, Danny va retomber dans l’horreur. Commence alors une guerre épique entre le bien et le mal…

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Ayant adoré Shining, j’avais hâte de découvrir ce roman, considéré comme sa suite et qui mettait en lumière, le petit Danny que l’on avait suivi tout le long de la tragédie de l’hôtel Overlook.

Docteur Sleep se lit bien grâce à une intrigue prenante, des personnages auxquels on s’attache et une tension bienvenue tout au long de la lecture. L’histoire d’Abby et de Dan qui suit bien trop les traces de son père est bien ficelée et pleine de rebondissements. Le duo est efficace et donne lieu a des scènes fortes en émotions. Les Vrais, quant à eux, sont des gens surprenants et j’aurais aimé en savoir plus sur leur histoire et leurs origines. Mr King, si vous décidez d’en faire un livre, j’achète !

L’esprit est un tableau noir. L’alcool, la brosse à effacer.

Mais paradoxalement, si Docteur Sleep est un bon roman c’est une très mauvaise suite. On y perd tout ce qui faisait le génie de Shining. L’histoire développée par King est bonne, mais pas aussi complexe ni aussi poussée. On passe trop vite sur des éléments qui sont pourtant captivants. Dommage lorsque l’on constate les nombreux passages longs et sans intérêt qui composent ce roman et qui auraient largement pu être coupés.

Si on laisse de côté cette notion de suite, le seul véritable point noir de Docteur Sleep est sa fin. Trop rapide sur certains points, trop lente sur d’autres, elle laisse un sentiment en demi-teinte. King aurait largement pu réduire son récit afin de garder pleine, la tension qui s’évapore à tout vitesse, telle la Vapeur nécessaire aux Vrais.

Elle se disait que les choses ne pouvaient pas être pires mais elles peuvent toujours le devenir et bien souvent, elles ne s’en privent pas.

Si vous décidez de lire ce roman (bien vous en prendra), ne lui en demandez pas trop, vous passerez ainsi un bon moment, car finalement, c’est tout ce qu’on veut en le lisant.

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9782253151623-001-T 9782253183600-001-Tsans-titre-12Grand Format : Albin Michel – 25€ / Poche :  Livre de Poche – 8,90€sans-titre-12

AFTER·Hugo New Romance·Livre de poche·Romance

Before : Hardin prend la parole dans ce prequel d’AFTER

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Hardin tient un journal secret. Il y raconte son histoire, avant sa rencontre avec Tessa et pendant les semaines qui vont changer sa vie. Un journal où les filles de sa bande : Nathalie, Molly, Melissa et Steph tiennent un rôle essentiel. Ce journal lui permet d’évacuer sa colère et d’analyser ses sentiments. Nous y découvrons ses secrets, ses doutes, son âme… peut-être pas si noire qu’il y paraît. Ce point de vue d’Hardin nous incitera-t-il à l’indulgence ? Car la vie n’a pas épargné Hardin. Il a subi un traumatisme qu’un enfant ne devrait jamais vivre, sans l’amour de ses parents pour l’aider à le surmonter. La rage s’est emparée de lui et ne l’a plus quitté. Il est sombre, solitaire et ne se permet aucune émotion, hormis l’adrénaline de ses méfaits et le sexe. Il se fout de tout, même de lui-même. Jusqu’au jour où sa route croise celle de Tessa… Sera-t-il capable de l’aimer ?sans-titre-12Après AFTER, la très prolifique Anna Todd nous revient avec une nouvelle série en deux tomes. Et pas n’importe laquelle. Si vous avez aimé Hardin (allez ne mentez pas, vous en êtes dingue !), alors BEFORE va vous ravir. Consacré au jeune homme tourmenté, c’est son point de vue que nous suivons. Le sien et celui de quelques invités…

– Tu fais sortir ce qu’il y a de pire en moi.
Son commentaire me tire de mon silence. Je lui réponds sèchement.
– Tu es dure.

En plus de nous permettre de mieux connaître Hardin, Anna Todd offre quelques éléments du passé de Molly, Steph, Melissa et Natalie. Et l’on comprend, plus facilement les dérives de Molly et Steph, les deux pestes de service. Un petit plus vraiment sympathique qui permet de mieux cerner ces personnages qu’on adore détester.

Mais revenons au personnage principal de ce livre. Celui sur lequel on a toutes flashées. L’histoire commence avant la rencontre avec Tessa et l’on devine le bordel qu’est alors son quotidien. Ne vous attendez à rien d’inattendu, l’histoire est la même que celle que vous avez déjà lu. Parce que l’on sait déjà ce qui va arriver, cette lecture est un peu moins forte en émotion qu’AFTER. Moins prenante certes, mais tout aussi agréable. Car Hardin est un personnage complexe, haut en couleur que l’on a adoré découvrir dans la saga originelle et que l’on a plaisir à redécouvrir sans filtre. L’avoir en narrateur donne une autre vision, plus brute, des événements.

Parfois, j’ai juste envie d’oublier le monde qui m’entoure. La musique et la lecture sont les seules choses qui me le permettent. Chacun son truc, et ça, ce sont les miens.

 Pari réussi pour BEFORE. Anna Todd sait faire plaisir à ses lecteurs en offrant, à la fin du tome 2, une fin définitive à sa série principale. On retrouve donc Hardin et Tessa, plusieurs années après la fin d’AFTER 5. Attendez-vous à de sacrés changements !

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Grand Format : Hugo Roman – 14,50€ / Poche : Livre de Poche – 7,30€sans-titre-12