romans dès 8 ans

Anna et son fantôme : Coup de coeur pour ce petit roman enchanteur !

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41qKCL7TkaLAnna est sous le charme. Terrorisée et sous le charme. Les fantômes n’existent pas. Pourtant elle en a croisé un dans son grenier. Son nom est Rodéric. Si elle a très envie de devenir son amie, le fantôme lui, est horrifié à cette idée. Non seulement, il risque de perdre sa tranquillité, mais aussi sa vie. La relation avec les humains est formellement interdite par la loi des fantômes ! Qu’importe Anna est décidée et ne doute pas une seconde de réussir à le convaincre.

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Voilà un petit roman dont j’avais hâte de vous parler. Anna et son fantôme raconte l’histoire de la jeune Anna, qui vient vivre dans une nouvelle maison avec sa mère, fraîchement divorcée. Mais la maison en question est dans un tel état qu’Anna le sait, sa vie ne s’annonce pas joyeuse. Pourtant, ce que la jeune fille ignore encore, c’est qu’au delà de son apparence et des nombreux travaux qui l’attendent, cette maison cache un véritable trésor : un fantôme ! Curieuse, Anna va tout faire pour se lier d’amitié avec l’habitant des lieux…

J’ai eu le coup de cœur pour ce roman, dès les premières pages. L’ambiance, les personnages d’Anna et de Rodéric, si différents mais si attachants et la plume de l’auteur, si fluide, si charmante, ont peu à peu su toucher mon cœur. Court, ce roman à destination des 8-14 ans est une petite bouffée d’air frais. Possédant ce qu’il faut de fantastique, et de réaliste, Anna et son fantôme propose une histoire comme on en fait plus. Joyeuse, touchante, pleine de belles valeurs, on ne peut que craquer.

Malheureusement, Franck Krebs nous a quitté en Février 2015. L’auteur n’aura pas vécu la publication de ce roman, ni vu le retour de ses lecteurs. Ces derniers pourront néanmoins se consoler avec un second tome, le dernier, que l’auteur aura pu écrire avant son décès. Je suis très triste de savoir que cette plume que j’ai tant aimé s’est éteinte. Que ce coup de cœur que j’ai eu, ne pourra se satisfaire de plus que deux tomes, que je chérirais profondément.

Anna et son fantôme est un livre à découvrir absolument. Je vous garantis que vous ne saurez rester insensibles au charme de ce roman.

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Grand Format : Hachette – 12,90€ / Poche : Livre de poche – 5,90€sans-titre-12

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Histoire·romans dès 8 ans

Les Enfants du Titanic

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arton10067Titre : Les Enfants du Titanic
Auteur : Elisabeth Navratil 
Publié en: 2012 (France)
Genre : Biographie, Témoignage
Editeur : Hachette (France)
Nombre de pages : 352
Prix : 11,90€ (amazon)

Du même auteur :

(3) mmmmh (yo)Le 10 avril 1912, Michel Navratil et ses deux fils embarquent sur le Titanic. Tous trois partent vers l’Amérique à bord du plus beau paquebot du monde surnommé « L’Insubmersible ». Mais le 14 avril, à 23 h 40, le Titanic heurte un iceberg. La tragédie commence pour tous les passagers et Michel n’a alors plus qu’une idée en tête : sauver ses enfants. Lolo a quatre ans, Monmon en a deux : pour l’Histoire ils seront désormais « les Enfants du Titanic ». Dans son récit, Élisabeth Navratil mêle réalité et fiction, s’appuie à la fois sur les souvenirs de son père, l’aîné des deux frères rescapés, et sur une riche documentation sur le naufrage du plus célèbre des paquebots.

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Le 14 avril prochain marquera le centenaire du naufrage du plus célèbre des paquebots : le Titanic. Font écho à cet événement, la sortie de nombreux ouvrages sur le sujet. Et parmi cette masse de nouveautés, on compte également une réédition : Les Enfants du Titanic d’Elisabeth Navratil, fille de Michel Navratil dit Lolo.

Publié pour la première fois en 1980, le livre revient dans une édition augmentée chez Hachette. Celui-ci raconte l’histoire de Lolo et Monmon, les célèbres « orphelins de l’abîme ». Enlevés par leur père, les deux garçons subissent le naufrage et les recherches à New-York pour retrouver leur mère.

Cette histoire vraie est en partie (plutôt importante d’ailleurs) romancée. Mais ça, si le lecteur s’en doute, ce n’est qu’avec les explications de l’auteur en fin de volume, qu’il en aura la confirmation.

Et c’est ce dernier point qui m’a dérangé tout au long de ma lecture. Si j’ai aimé ce livre qui raconte le destin touchant de deux garçons adorables, je n’ai pas pu me défaire de la gène entraînée par cette trop fine frontière séparant fiction et réalité.

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Avec une narration tenant du roman, Elisabeth Navratil prend énormément de libertés comme elle l’explique dans sa postface. Afin de faire des quelques souvenirs de son père, un livre qui tient la route (son père, Lolo n’avait aucun souvenir de sa traversée, uniquement du naufrage et de l’après), celle-ci n’a pas hésité à imaginer des situations inventées. Situations qui paraissent tellement fantaisistes qu’elles finissent par mettre le doute en tête chez le lecteur, et ce, plus d’une fois.

Un défaut majeur pour un récit vendu comme un témoignage véridique. Je l’avoue, à cause de cela, il m’a été impossible de me plonger totalement dans ce livre où j’ai fini par ne plus réussir à discerner le vrai du faux.

Pourquoi ne pas avoir prévenu dès le départ au lieu de laisser le lecteur se demander à chaque page si ce qu’il lit est vrai ou pas ? D’autant que certains éléments du récit font bien trop faux pour que l’on y croit. Un ouvrage s’en tenant aux faits et seulement à ça aurait eu plus d’impact. Ici, je me suis posé trop de questions et les doutes, trop nombreux, ne m’ont pas permis de me sentir touchée par le destin des trois Navratil et par le récit de leurs dernières heures sur le paquebot, la faute due à un fac-similé d’une lettre écrite par Lolo. Celui-ci y raconte les détails de ses derniers instants sur le navire. Un récit qui ne coïncide en rien avec le celui de l’auteur.

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En effet, là où Lolo nous dit avoir été réveillé dans la cabine par son père et un inconnu peu après l’impact, Elisabeth nous raconte une histoire similaire à celle de Jack et Rose dans le film de James Cameron. Et c’est bien dommage.

Tout au long de ma lecture, j’aurai eu l’impression de lire un roman inspiré de faits réels mais non pas d’une histoire vraie. On sent bien qu’Élisabeth Navratil a fait des recherches poussées sur le naufrage, cela se ressent particulièrement en fin de lecture où le ton choisi par l’auteur tient plus du documentaire, passage sans doute le plus intéressant. Néanmoins, j’ai été dérangée par l’utilisation d’une légende sur le capitaine Smith dans un ouvrage prônant la vérité. Même si l’histoire de cette anecdote est précisée, je trouve son utilisation maladroite.

Heureusement, il y a tout de même beaucoup de points que j’ai apprécié dans Les Enfants du Titanic. Comme, par exemple, le carnet photo inclus où il ne manque qu’une photo des deux frères adultes, ou le récit des derniers instants de Michel Navratil.

En conclusion, Les Enfants du Titanic est un livre qui se lit très bien si on le prend pour ce qu’il est vraiment : un roman inspiré de faits réels. Avant de commencer sa lecture, n’hésitez pas à lire la postface en premier afin de pouvoir mieux apprécier ce que vous découvrez.

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Quelques citations :

« Michel reste immobile, à jouir du spectacle qui l’entoure, îlot stable au centre de la masse humaine qui déferle autour de lui. A présent, il observe ses voisins. Pourtant accoutumé à la riche clientèle de son salon de couture à Nice, il n’a jamais vu tant de visons, de renards argentés, de plumes, de hauts-de-forme, tant de célébrités réunies mêlées aux centaines de curieux venus assister à l’événement du siècle. Partout, des petits trains de bagages de luxe se faufilent. Une senteur marine au fumet un peu âcre de poisson, d’iode et d’algue fraîche dépayse ses narines, accoutumées aux odeurs plus discrètes de la Méditerranée. Le jeune père sent la tension monter en lui. Enfin le grand moment est arrivé : il va laisser derrière lui un passé dont il ne veut plus. L’Amérique et ses promesses de vie nouvelle l’attendent au bout du voyage. » – p10

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« Au même moment, dans sa chambre à Nice, Marcelle voit très distinctement réapparaître le couloir déjà entrevu précédemment. La pente s’est accentuée au point de ressembler à un boyau de mine ou à un toboggan. Tout au fond, grimpant péniblement dans l’angle formé par le sol et le mur, glissant, se relevant, s’appuyant des deux mains à la cloison droite et au plancher, un homme tente de remonter la pente. Quelque chose d’insolite que Marcelle ne parvient pas à identifier déforme sa silhouette. Enfin, Michel, car c’est bien lui, parvient jusqu’en haut et lui tend une lettre. Ses cheveux sont bizarrement blancs, ses vêtements raides. Marcelle avance sa main, effleure la sienne et frisonne tant elle la trouve glacée. Elle saisit la lettre et sent l’effroi la gagner tout entière. C’est une lettre de deuil, tout ourlée de noir. Au même instant, le couloir disparaît et fait place à un paysage étrange, pétrifié, ni bleu, ni noir, ni blanc, ni liquide ni solide, ni sombre ni clair. Les limbes. Puis la vision s’efface aussi brusquement qu’elle est venue. […] Ainsi, cette fameuse lettre que Michel n’écrivit pas, ce télégramme qui ne put partir parvinrent à sa femme par voie télépathique sous la forme d’un faire-part mortuaire. » – p251

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«  Vers 3h20, l’insensibilité a gagné le tronc. Michel ne nageait plus qu’avec les bras car ses mains, elles aussi, ne répondaient plus à sa volonté. Puis, tandis que le ciel s’éclaircissait à l’horizon et que brillait, au dessus de lui, triomphante, l’étoile du matin, il a cessé de nager. Il n’a plus mal, son corps n’existe plus. Mais il sent toujours battre son cœur et, en lui, les souvenirs déroulent leur film chaleureux. Il revit les événements marquants de sa petite enfance, dans son village slovaque au bord de la fière Vah, roulant ses eaux brunes à la vitesse d’un torrent en crue. Comme surgissant de la mer qui, autour de lui, se recouvre d’une pellicule de glace, il voit apparaître son grand-père, mort depuis dix ans, un Michel Navratil aussi, avec ses anneaux dans les oreilles, sa grande barbe blanche, sa moustache immaculée et son bon sourire éclairant son visage plissé de mille rides. Il sourit à l’agonisant et lui tend les bras. Michel sent subitement un merveilleux bien-être l’envahir, l’aurore boréale déploie tous ses feux pour lui et pour Lolo, le nouveau Michel Navratil. La lignée ne s’arrêtera pas là. Peu à peu, Michel distingue, au dessus du rayon vert, une longue farandole, celle de tous les Navratil qui les ont précédés et qui lui succéderont. Quand Lowe parvient à sa hauteur, il vient juste d’expirer ». – p269

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Biographie·Gallimard jeunesse·Histoire·romans dès 8 ans

Anne Frank et les enfants de la Shoah

55454 51x74-jyt-LTitre : Anne Frank et les enfants de la Shoah (Anne Frank and the children of the Holocaust)
Auteur : Carol Ann Lee
Publié en: 2006 (USA)2007 (France)
Genre : Histoire, Biographie, Document
Editeur : Folio Junior
Nombre de pages : 178
Prix : 6.90€

Du même auteur : La Rafale des tambours, Anne Frank : les secrets d’une vie, Otto : Père d’Anne Frank,…

Envie de le lire ?

(6) Coup de coeur (yo)En 1942, Anne Frank a treize ans. Tandis qu’elle se cache des nazis, elle tient un journal, devenu aujourd’hui l’un des livres les plus célèbres au monde. A travers l’Europe, de nombreux autres enfants au destin brisé nous ont également laissé journaux, lettres et souvenirs. Dans ce récit saisissant, découvrez leur histoire, enrichie de témoignages passionnants sur Anne Frank et ses proches. En s’appuyant sur des documents bouleversants, Carol Ann Lee brosse un inoubliable portrait d’Anne Frank, auquel se mêlent les voix des autres enfants de la Shoah.
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Connaissez-vous Anne Frank, cette petite fille juive qui, pendant deux longues années à écrit toute sa vie dans son journal, cachée dans l’annexe de l’entreprise de son père pour échapper aux nazis? Cette petite fille au destin tragique qui encore aujourd’hui, nous montre la chance que nous avons de vivre libre? Si non je vous conseille d’aller faire un rapide tour ici.

Anne Frank, je la connais depuis toute petite, j’ai lu son journal qui m’a bouleversé. A l’époque, je me demandais ce qui était arrivé à Anne pendant sa détention dans le camp de concentration, car cette information ne figurait pas dans l’édition du journal que j’avais lu.
C’est en décembre, alors que je cherchais quelques petits cadeaux pour mon anniversaire que j’ai trouvé ce livre.
Bien que surtout consacré à Anne Frank, il se démarque par ses témoignages d’autres enfants dans la même situation que la petite écrivain.
Il est avant tout ciblé pour les enfants de 12 ans et plus mais reste un livre intéressant même pour les adultes.

Carol Ann Lee décrit avec talent ce qu’est la Seconde Guerre Mondiale, et la vie étrange et incroyable de ces enfants qui espèrent survivre à la guerre. Les témoignages et le récit de la vie d’Anne Frank sont accompagnés de nombreuses photos en noir et blanc des enfants et d’Anne, sa famille et ses connaissances. L’auteur fait là quelque chose de rare, on parle toujours des adultes mais jamais des enfants qui, pourtant, ont, eux-aussi, vécus la Grande Guerre d’une manière effrayante. Le livre leur est donc consacré en racontant la grande Histoire avec leur point de vue. J’ai été bouleversée de leurs destins très souvent tragiques. Mais « ravie » de pouvoir découvrir ce qui est arrivé à Anne et sa soeur après leur arrestation. Le livre donne envie de se plonger dans le journal d’Anne grâce aux nombreuses citations de son livre, tant pour ceux qui le connaisse que pour ceux qui ne le connaisse pas. Il est vraiment très bien expliqué et on entre facilement dedans même si, bien sûr, le récit a quelque chose d’insoutenable parfois.

Néanmoins, le livre ne s’arrête pas après le décès d’Anne et sa soeur. On en apprend également beaucoup sur la libération des camps et d’Otto Frank sur son parcours et son espoir de retrouver sa famille vivante, puis de son désespoir d’être le seul survivant. On le suit aussi dans la publication du journal de sa fille et de la bataille pour la sauvegarde de l’immeuble où lui et sa famille se sont cachés pendant deux ans et sur l’association « Anne Frank Trust« . Le livre finit d’ailleurs sur cette phrase bouleversante d’Anne: « Je veux continuer à vivre, même après ma mort ». Aujourd’hui, son voeu est exaucé et le restera aussi souvent que l’on se souviendra d’elle et de tous les autres, voix anonymes et oubliées qui vivent encore dans notre coeur et nos souvenirs.

Le livre se lit vite, c‘est bien là le seul reproche que j‘ai à en faire avec la qualité du papier très transparent. Il ne m’aura fallu que deux jours pour le terminer, mais il est passionnant du début à la fin. Je n’ai pas lu beaucoup de témoignages de résistants de la guerre ou des victimes des camps. Mis à part Anne Frank, je n’ai à mon palmarès que le très bon « si c’est un homme » de Primo Levi, mais Anne Frank et les enfants de la Shoah se place comme une référence du genre. Après l’avoir lu, il me semble indispensable, si l’on s’intéresse au genre, de l’avoir dans sa bibliothèque.

Si vous avez lu le journal d’Anne Frank, vous ne sentirez aucune répétition à la lecture de ce livre car Anne Frank et les enfants de la Shoah est un très bon complément à celui-ci. Voilà un livre que je ne me lasserai pas de lire et relire.

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