Témoignages

Le tout dernier été d’Anne Bert : Un témoignage bouleversant pour le droit de mourir dans la dignité

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9782213705521FS«  Je viens de rencontrer mes passeurs. Ces hommes qui font désormais partie de ma vie puisqu’ils vont m’aider à la quitter. Je les ai sentis rigoureux, exigeants, prudents. Et engagés à me tendre doucement la main. Une autre médecine qui, quand elle ne peut plus soigner le corps, se décide à soigner l’âme.  »
Parce qu’elle aime furieusement la vie et qu’elle est condamnée, Anne Bert a décidé de choisir et de ne pas subir jusqu’au bout les tortures que lui inflige la maladie de Charcot. C’est ce cheminement qu’elle nous raconte ici. Celui de devoir mourir hors-la-loi, et hors-les-murs, puisque la loi française ne l’autorise pas à abréger ses souffrances. Celui aussi de son dernier été. Il faut découvrir le goût des dernières fois et des renoncements, apprendre à penser la mort, dire au revoir à ceux qu’elle aime, en faisant le pari de la joie malgré le chagrin. Un récit poignant, une ode à la liberté et à la vie, permise seulement par sa détermination à dire non. 

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Le Lundi 2 Octobre, l’écrivaine, Anne Bert, atteinte de la maladie de Charcot est morte dans la dignité. En Belgique. Parce qu’en France on refuse encore ce droit. Le tout dernier été est son témoignage. Sa dernière parole.

Je l’avoue, je ne connaissais pas Anne Bert avant d’apprendre son décès Lundi dernier. J’ai tout de suite voulu lire ce livre, touchée par son histoire et parce que je pense que l’on devrait, aujourd’hui en France, avoir le dernier mot sur la maladie. Et j’ai été bouleversée. Bouleversée par le courage de cette femme, par ce qui lui arrive, par ce corps qui la trahit, l’abandonne, l’emprisonne.

Ce qui n’est pas dit n’existe pas. Dans ma tête tout se télescope.
Je ne veux pas savoir, je ne veux plus rien savoir. Je resterai calme, et n’en demanderai pas plus. Mais je fais ma maligne pour la punir un peu : « Ah oui, je savais bien que ce n’était pas la maladie de Charcot. »
Elle ne cille pas. Et de l’intuition, je passe à la certitude.

Le tout dernier été est court, à peine 162 pages. Mais chaque mot alourdit un peu plus l’âme et nous rappelle combien nous sommes fragiles. Que nous ne profitons pas assez de toutes ces petites choses que nous prenons pour acquises et qui peuvent nous être arrachées du jour au lendemain. L’émotion est présente tout au long de cette lecture qui ne peut que marquer le lecteur. Et qui, je l’espère, fera bouger les mentalités.

Je suis la vivante qui crée son personnage de morte, pour ne pas laisser à ceux qui restent le soin, toujours trop lourd, de le faire. Mais aussi parce que, post mortem, je veux encore décider de l’épilogue.

Aujourd’hui, Anne Bert n’est plus. Elle s’est libérée de sa prison. Ne l’oublions pas.

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Grand format : Fayard – 15€ / Poche : N’existe pas

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