Pocket·SF

Le Vivant d’Anna Starobinets : Tout avait pourtant si bien commencé….

sans-titre-12

514Cz6zXG3LLa posthumanité a réalisé l’utopie, une société parfaite de très précisément trois milliards d’individus éternels, connectés entre eux et au Vivant, l’entité qui les englobe et veille sur eux. Ce monde qui ne connaît pas la mort et se veut le meilleur possible ne peut tolérer ni altération ni addition. Pourtant naît Zéro, un humain sans code, le trois milliards et unième individu, absent des banques de données. Une anomalie dans un système réputé infaillible. Mais puisque Zéro vit, il faut bien l’intégrer. Sera-t-il rejeté, comme un greffon impossible ? Ou agira-t-il comme un virus, contaminant tout le corps, à son insu ? 

sans-titre-12

Bien que j’adore les films et séries de SF, je lis très peu de livres dans ce genre. Je ne sais pas pourquoi, ça m’attire moins. Mais de temps en temps, j’aime bien laisser sa chance à un titre SF.

Ce fut le cas dernièrement avec Le Vivant d’Anna Starobinets. Un livre assez déroutant mais qui captive très rapidement. J’en ai beaucoup aimé la lecture, m’intéressant à Zero, cet être hors norme, mystérieux, sans incode, une “erreur” de la nature. L’univers était plutôt intrigant et tout ce suspense autour du rôle du personnage principal me tenait en haleine.

Interlocutrice 3678 : L’enfant a été conçu pendant le festival régional d’Aide à la nature, la nuit de la dernière nouvelle lune, dans le cadre du programme de contrôle de la population, en lien avec la loi sur la plannif…
Agent du SOP : Seriez-vous en mesure d’identifier le père ?
Interlocutrice 3678 : Vous plaisantez ?

Mais j’ai déchanté très vite en arrivant à la moitié du livre. Tout avait si bien commencé pourtant. C’était bien écrit et très divertissant. Et puis l’auteur a fait prendre à son héros une direction incompréhensible. Et je n’ai plus rien compris. Alors est-ce que j’ai loupé quelque chose ? Peut-être, mais j’ai refermé la dernière page de ce roman, très déçue et plutôt perplexe.

Je ne saurais vous conseiller ou vous déconseiller ce livre. Je pense que c’est le genre de titre qu’on aime ou qu’on aime pas, il n’y a pas d’entre-deux. En tout cas, moi, je suis très mitigée. C’était un presque coup de coeur, jusqu’à la seconde moitié. Dommage…

sans-titre-12

Grand format : Mirobole Editions – 22€ / Poche : Pocket – 8,95€

sans-titre-12

Publicités
Ados et Young Adult·Gallimard jeunesse

Une planète dans la tête : la nouvelle surprise de Gallimard jeunesse

une-planete-dans-la-teteTitre : Une planète dans la tête (Maggot Moon)
Auteur: Sally Gardner
Publié en: 2013 (France) / 2012 (Angleterre)
Genre : Jeunesse, Aventure, anticipation
Editeur : Gallimard Jeunesse
Nombre de pages : 256
Prix : 14.90€

Du même auteur : I Coriander, Double Shadow, Operation Bunny, Magical Children,…

Envie de craquer ?

5.EmoustillantStandish vit avec son grand-père dans la « zone 7 », celle des impurs, privés de tout, surveillés en permanence… Dyslexique, il subit à l’école brimades et humiliations jusqu’au jour où il se lie d’amitié avec son nouveau voisin, Hector. Ensemble ils rêvent de s’évader sur Juniper, la planète qu’ils ont inventée. Mais Hector et ses parents disparaissent sans laisser de trace… Ont-ils été supprimés?

Le récit coup de poing d’un jeune garçon atypique face au totalitarisme. 
Un héros inoubliable, un roman bouleversant. 

Quand j’ai reçu ce livre de Gallimard, je me suis tout d’abord montrée sceptique. Le résumé ne me tentait pas plus que ça et je n’étais franchement pas emballée. C’est la lettre, qui accompagnait le livre qui m’a motivé à lire ce livre. Car l’équipe d’édition semblait tellement enthousiaste que je me suis dit qu’il fallait que je me fasse mon propre avis.

J’ai donc démarré la lecture sans réellement savoir à quoi m’attendre. Une planète dans la tête est un livre court (256 pages à peine), écrit gros et construit en nano-chapitres. Relevant quasiment du journal intime, il nous raconte le quotidien pas joyeux de Standish, jeune garçon dyslexique vivant dans la zone 7. Un endroit où tout le monde le croit idiot, et où personne ne se gêne pour lui chercher des noises. Loin d’être débile, le garçon a une imagination débordante et, sous cette personnalité riche, se cache un véritable héros. Mais ça, le garçon l’ignore encore.

J’avais du mal à comprendre la différence entre disparition et mort. A mes yeux, c’était la même chose, les deux laissaient des trous. Des trous dans le cœur. Des trous dans la vie. Il n’était pas difficile de se rendre compte de leur nombre. L’apparition d’un nouveau trou était évidente. Les lumières s’éteignaient dans la maison, puis celle-ci explosait ou bien elle était rasée.

Se passant dans une Angleterre des années 50 alternative, l’histoire d’Une planète dans la tête en surprendra plus d’un. Car, et c’est peut-être là son seul défaut, Sally Gardner se concentre sur l’essentiel, oubliant de développer son monde en l’ancrant dans une époque et dans un espace bien défini. On ignore donc tout de l’endroit, de l’époque et du pourquoi de cette zone 7. On en apprendra pas plus sur les six autres et c’est bien dommage. Pourquoi la Patrie est-elle ce qu’elle est ? Une question qui ne trouvera jamais de réponse.

Un point qui déstabilise le lecteur tout le premier quart du livre. Heureusement, les choses s’accélèrent et, très vite, on se prend à suivre la folle aventure de Standish. J’aurai dévoré Une planète dans la tête en une soirée seulement, impatiente de voir ce qui allait arriver à Standish et si, sa folle quête, arriverait à son terme.

Voyez-vous, les « si » sont comme les étoiles, innombrables.

Car le héros est attendrissant et on se prend rapidement d’amitié pour lui. Ce qui ne rend son destin que plus touchant (mais chut, je ne vous en dirai pas plus !). On s’accroche donc immédiatement à Standish, de par sa personnalité mais aussi par son langage un peu cru, mais vrai, sa manière de raconter son histoire. Car le narrateur ici, c’est lui.

D’un livre qui ne me tentait pas à la base, Une planète dans la tête est devenue une de mes très bonnes surprises de cette rentrée. Je remercie donc vivement les éditions Gallimard pour cet envoi (très belle couverture au passage, dommage que nous l’ayons en noir et blanc :/) car je ne me serais jamais penché dessus autrement (et c’est bien pour des cas comme celui-ci que j’ai voulu devenir chroniqueuse On lit plus fort).

D’après Papou, si les hommes sont assez fous pour se détruire eux-mêmes, les rats et les cafards seront au moins aux première loges pour profiter du spectacle de dame Nature se réappropriant la terre.

Je vous recommande donc chaudement ce livre, petit ovni mais un plaisir à lire ! Je suis charmée !

Sans-titre-7