Shôjo

Nana et la malédiction du Roi des démons…

55454

Osaki.Nana.full.72615

La première est rêveuse, rigolote et sensible, mais « coeur d´artichaut», un brin capricieuse et loin d´être indépendante. La seconde est plus mature, déterminée, un peu mystérieuse mais peut être d´une froideur qui glace le dos. Toutes deux s´appellent « Nana », ont un attrait pour l´art et ont vécu en province. Toutes deux vont connaître l´Amour et décider de partir pour Tokyo.

55454

En ce moment, je suis en plein dans une phase nostalgie. Je regarde pleins de films que j’ai découvert y a des années de ça, je lis des manga que j’adorais étant ado…. Et notamment un qui m’a marqué, comme toute une génération de lecteurs : Nana.

Marqué pour plusieurs raisons : l’histoire, belle et mélancolique, les personnages si touchants qu’on les croiraient réels, mais surtout pour le destin terrible d’un des meilleurs shôjo de tous les temps.

Alors aujourd’hui j’avais envie de vous en parler. De vous faire remonter de bons souvenirs si vous avez déjà lu Nana ou bien de vous faire découvrir cette petite merveille qui mérite clairement une place dans votre cœur (et dans votre bibliothèque).

816433111gv4

C’est en 1999 que Nana fait son apparition dans le très jeune magazine Cookie (Shueisha). Ai Yazawa est alors une mangaka qui s’est déjà fait un petit nom avec des séries comme Je ne suis pas un Ange (Tenshi nanka janai – 1992), Gokinjo, une vie de quartier (Gokinjo monogatari – 1995), Last Quarter (Kagen no tsuki – 1998) ou Paradise Kiss (2000) qu’elle publie en même temps que Nana dans un autre magazine que Cookie (Zipper).

Très vite, le succès est au rendez-vous. Et ce qui ne devait être qu’un one-shot se transforme en série longue, puis en anime, puis en film liveNana envoûte les esprits par une véritable originalité. Ai Yazawa se lâche complètement dans cette série offrant un bel hommage à l’univers Punk et faisant découvrir à ses lecteurs le milieu pas toujours rose de la musique. On y suit deux jeunes femmes très différentes au même prénom qui se rencontrent toutes les deux dans le train qui les conduira à Tokyo. Tout les opposent et pourtant, le destin va continuellement les réunir.

Manga - Nana - Extrait 21

Mais pourquoi c’est bien Nana ?

Je considère Nana, comme l’une de mes plus belles découvertes. Jouant sur les rapports humains, l’addiction affective, la culture Punk et la culture Pop, Nana offre une vision torturée mais réaliste du passage à l’âge adulte. Allant de désillusions en désillusions, nos héroïnes se rendent compte que rien n’est facile et que la vie est faite de compromis et de choix souvent difficiles. Les rêves c’est bien, mais c’est l’action et le travail qui payent.

Ai Yazawa n’hésite pas à traiter de thèmes difficiles comme l’abandon, la prostitution, la mort, la scarification, la tendance au suicide, la maladie…. Prouvant que le shôjo peut être plus qu’une simple histoire d’amour et sait aussi proposer des choses plus fouillées.

Ce qui plaît également dans cette série, c’est la palette variée de personnages, récurrents ou non. Chaque lecteur y trouvera son compte et adorera aimer ou détester un ou plusieurs d’entre eux. Mes coups de coeur persos vont à Shin, Ren, Nana O. et Takumi (malgré le fait que ce type soit un parfait connard oui oui). Hachi est mignonne mais énervante et j’ai du mal avec ces personnages en général. Par contre, je déteste Reira !! Non vraiment, impossible de l’encadrer.

NANA.(Series).full.278464

La terrible malédiction du Roi des Démons

Nana est aussi tristement connu pour sa pause de plusieurs années. En 2009, après avoir brisé le coeur de tous ses lecteurs suite aux révélations du tome 21, Ai Yazawa tombe gravement malade interrompant, de ce fait, la parution de la série (seuls deux chapitres du tome suivant ont été publiés dans Cookie, jamais en France). Les informations sur l’état de santé de la mangaka sont peu nombreuses, amenant une certaine inquiétude dans la fanbase.

En 2013, l’auteure revient un peu à Nana avec deux pages de la Pièce de Junko (le bonus présent à chaque fin de tome) publiées à l’occasion du 100e numéro de Cookie.

En 2016, elle donne de ses nouvelles via une interview dans le magazine japonais Rola dont elle réalise la couverture. Elle dit de sa série Nana que c’est “Un grand accomplissement. Mon challenge était de sortir toutes mes idées, tout ce que j’avais en tête. Je suis désolée de vous faire attendre mais c’est sûr, un jour je reviendrai et donnerai le meilleur de moi-même”. Depuis, pas d’autres infos. Atteindrons-nous les 10 ans de hiatus ? Plus ? L’avenir nous le dira.

Malgré les années et cette pause sans fin, Nana est un classique du shôjo. Moderne, percutante, une série comme on aimerait en voir plus souvent sur le marché actuellement appauvri. Je vous conseille chaudement la lecture de ce manga qui ne pourra vous laisser indifférent. C’est une de mes séries chouchoutes, un coup de coeur que je relis toujours avec un immense plaisir et un amour infini pour le travail de cette mangaka de génie qu’est Ai Yazawa.

55454Mangaka : Ai Yazawa / Nombre de tomes : 21 (6,99€ – En cours) – Anime : Oui

55454

Publicités
Shôjo

Last Quarter

55454

4

Mizuki, lycéenne de 17 ans, tombe sous le charme d’Adam, un étrange musicien anglais parlant le japonais, et décide de tout quitter pour le suivre. Or, elle est victime d’un accident de voiture sur leur lieu de rendez-vous, à Shibuya, en pleine nuit.
Parallèlement, Hotaru, une petite fille encore en école primaire est hospitalisée après avoir été renversée elle aussi, tandis qu’elle cherchait son chat.
Les deux filles se rencontrent en rêve… puis dans la réalité. Mais Hotaru est bel et bien guérie et sortie de l’hôpital, alors que Mizuki a complètement perdu la mémoire (elle ne se souvient que d’Adam) et est enfermée dans la maison où elle a vécu une semaine avec Adam, sans pouvoir en sortir.
Commence alors pour Hotaru et ses amis d’école une grande enquête : qui est cette jeune fille enfermée dans la maison ? Pourquoi est-elle enfermée ? Pourquoi Hotaru est-elle la seule à pouvoir la voir ? Qui est ce fameux Adam ?

55454

Véritable tournant dans la carrière d’Ai Yazawa, Last Quarter (Kagen No Tsuki) est une série en trois volumes prépubliée en 1998 dans le célèbre magazine Ribon de Shûeisha. Contrairement à ses précédentes séries Gokinjo et Je ne suis pas un ange, pétillantes et enjouées, Last Quarter propose une ambiance pleine de nostalgie et de désespoir. Une sorte de base pour Nana, le chef-d’oeuvre de la mangaka.
Les thèmes traités y sont variés : amour, mort, famille, espoir et enfance, le tout teinté  par une ambiance musicale anglo-saxonne avec une touche de fantastique et de subtilité qui font de ce titre, l’un des meilleurs de Yazawa.
  
 
Grâce à un graphisme magnifique jouant sur les contrastes et des personnages torturés, on accroche très facilement à ce petit shôjo sans prétention. Et de tous les protagonistes, Eve reste la plus attachante mais également la plus intrigante. Qui est-elle? De quelle époque vient-elle? Est-elle vivante, morte? Et qui est Adam? Existe-t’il réellement lui que personne ne semble connaitre?

Si vous pensez avoir rapidement les réponses à ces questions, il n’en est rien ! La mangaka retourne la situation et démontre qu’il en est au même point que les personnages qu’il suit. Il lui faudra donc résoudre l’enquête comme les enfants qui se démènent autant qu’ils peuvent pour aider Eve.

Last Quarter est une oeuvre intemporelle qui marque encore aujourd’hui, preuve en est avec l’adaptation cinématographique dont elle eu droit en 2004. Laissez vous bercer par cette trilogie hors du commun, vous en sortirez transfiguré…

55454

Mangaka : Ai Yazawa / Nombre de tomes : 3 (Plus édité – Fini) / Anime : Non (Existe en film live)

55454