Ados et Young Adult·Blackmoon·Fantastique

Sunshine tome 1 : Potentiel gâché pour titre plat

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Peu après son seizième anniversaire, Sunshine déménage avec sa mère à Ridgemont, dans l’Etat de Washington.

Pour elle, rien n’est plus effrayant que cette ville, pleine de brouillard sous un ciel gris, même en été. Rien, sauf peut-être leur nouvelle maison.

Il y fait toujours froid, et il s’y passe des choses franchement bizarres.

Sunshine ne croyait pas aux fantômes. Jusqu’à maintenant.sans-titre-12

S’il y a bien un truc que j’adore, ce sont les histoires d’horreur. Livres, films, peu importe le support, je suis une grande consommatrice. Alors quand j’ai entendu que Blackmoon allait nous proposer un livre ayant pour thème une maison hantée, j’étais toute contente.

Mais j’ai très vite déchanté. Sunshine, c’est l’histoire d’une ado tout ce qu’il y a de plus normal (en apparence) et de sa mère adoptive. Les deux déménagent dans une petite ville où, Sunshine le sent, l’atmosphère est lourde et pesante. Il faut dire que la maison choisie par sa mère n’a rien de chaleureux. Sombre, humide, des choses étranges s’y déroulent. Lorsque notre héroïne tente de faire reconnaître le caractère fantomatique de la chose à sa mère, celle-ci la prend pour une fille en pleine phase de rébellion. Même sa meilleure amie qui n’a qu’un seul sujet de discussion (les mecs, très surprenant), la lâche et la prend pour une folle. Heureusement pour Sunshine, un mec plutôt mignon, solitaire et “différent” la croit et décide de l’aider.

Si seulement je pouvais découvrir qui est dans cette maison, avec nous. Si je connaissais le nom de la petite fille, je pourrais y voir plus clair et m’orienter. Si je savais seulement qui elle supplie, je comprendrais peut-être la menace qui plane au-dessus de nos têtes.

Vous avez là, le pitch de Sunshine. Pas bien brillant. Pourtant, tout aurait pu être différent. L’histoire imaginée par les auteures n’est, en soit, pas mauvaise (c’est, à la base, une webserie dispo sur Youtube ici. Faites vous plaisir, moi j’ai lâché l’affaire au bout de 3min). Le potentiel est là. Il est seulement gâché par l’héroïne sans personnalité qui ne cesse de casser l’ambiance par des remarques hors contexte. Quoi de plus agaçant lors d’une scène pleine de tension, qu’une nana qui ne pense qu’au fait que le garçon mignon à côté d’elle, en danger, est trop près d’elle ce qui la fait se sentir mal ? Passons aussi sur le manque d’originalité et la prévisibilité des événements.

J’ai peiné à finir Sunshine. J’ai même pensé à lâcher l’affaire. Mais j’ai tenu bon, pleine d’espoir. Malheureusement pour moi, le miracle n’a pas eu lieu. Sunshine aurait pu être bien meilleur. Si vous cherchez un roman horrifique qui vaut vraiment la peine, tentez plutôt Fille des cauchemars chez le même éditeur. Vous ne serez pas déçus.

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Grand Format : Blackmoon – 15€ / Poche : N’existe passans-titre-12

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Fantastique

Le Secret de Crickley Hall de James Herbert

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Titre : Le Secret de Crickley Hall
Auteur: James Herbert
Publié en: 2008 (France)
Editeur : Bragelonne
Nombre de pages : 576

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5.Emoustillant

Crickley Hall : une vieille demeure comme on n’en trouve que dans les régions reculées de l’Angleterre.
Vaste et sinistre, elle a même l’air un peu menaçant. Lorsque Gabe et Eve Caleigh viennent s’y installer avec leurs deux filles, ils espèrent y trouver la paix, et tourner la page sur le terrible malheur qui a frappé leur famille. Mais quelque chose ne va pas. Bientôt des bruits inexplicables les arrachent au sommeil. Les enfants sont les seuls témoins d’étranges apparitions. Et, chaque matin, la porte de la cave est entrouverte alors qu’on l’avait fermée la veille.
Cette maison est le dernier endroit que les Caleigh auraient dû choisir. L’horreur qui les y attend dépasse tout ce qu’ils pouvaient imaginer. Oserez-vous affronter le terrifiant secret de Crickley Hall ?

S’il y a bien une chose que j’adore, ce sont les films d’horreur et l’univers fantastique. Alors, quand mes yeux se sont posés sur le résumé de Crickley Hall, je n’ai eu qu’une envie : découvrir le livre.

Il faut dire qu’il y avait de quoi être emballé : une demeure hantée, une histoire intrigante, une époque qui me fascine, le tout écrit par un auteur reconnu et la mention Best-seller. Des éléments qui ne trompent généralement pas sur la qualité d’un livre.

Ils l’entendirent approcher, bien qu’il ne portât pas de chaussures, parce qu’il faisait siffler quelque chose dans l’air froid et humide ; et chaque sifflement se terminait par un brusque et violent claquement, choc de la canne contre la chair nue. « Sss », puis « clac », canne contre chair, « sss », puis « clac », deux sons distincts se détachent nettement sur les grondements rageurs de la tempête qui, dehors, continuait de se déchaîner. Sss-clac ! Plus fort, sss-clac ! Plus fort, plus proche. Sss-clac ! Presque confondus en un seul son.

Ils se firent très, très petits…

Cependant, bien que motivée dans ma lecture, je dois avouer que le premier quart aura été indigeste. La faute aux nombreuses descriptions inutiles qui empêchent de rentrer pleinement dans l’ambiance frissonnante, rendant la lecture longue et peu plaisante.

Heureusement, passé ce cap, le récit s’améliore et devient de plus en plus dérangeant. Car la plus grande qualité du Secret de Crickley Hall est son côté très visuel. Parfait pour une adaptation cinématographique, c’est ce que l’on se dit plusieurs fois au fil de notre lecture (et nous ne sommes pas les seuls. Crickley Hall a eu le droit à une adaptation en série télé sur les chaines anglaises. Trois épisodes seulement, la série semble arrêtée ou en cours de réalisation). On imagine donc aisément les scènes les plus terrifiantes et les plus captivantes du bouquin, tout comme les décors très bien décrits.

Il les remarqua tout de suite, car elles étaient mieux entretenues que celles qui les entouraient. Les petites pierres tombales étaient propres malgré le demi-siècle écoulé, et les épitaphes qui y étaient gravées apparaissaient nettement. Les étroits emplacements s’alignaient en une rangée régulière et des bouquets de fleurs sauvages y étaient disposées dans des vases. Sous la pluie, les fleurs avaient l’air fraîches, vivaces, et Gabe se demanda qui les avait mises là. Peut-être était-ce une sorte de cérémonie, les fleurs étant apportées chaque année au mois d’octobre ; Gabe avait déjà jeté un oeil à la préface du livre qu’il avait acheté à la boutique du village, qui précisait que la Grande Tempête, comme on l’appelait, avait eu lieu en octobre 43. Il parcourut les noms gravés et s’aperçut que les enfants Prosser – à l’évidence le frère et la soeur – reposaient côté à côte. Arnold Brown, 1936-1943, Patience Frost, 1937-1943, Eugene Smith, 1934-1943, et ainsi de suite. Gabe sentit ses yeux s’embuer, mails il n’allait pas se laisser aller maintenant. Sa colère devint plus sombre. Mais quelque chose clochait dans ce décor, un petit détail qui le taraudait. […] 

Gabe était presque parvenu au pied de l’à-pic lorsqu’il repéra la pierre dissimulée dans les hautes herbes folles et, parce qu’elle se trouvait à l’écart de toutes les autres, cette tombe éveilla sa curiosité. L’Américain s’accroupit devant la pierre et écarta les mauvaises herbes pour pouvoir lire l’épitaphe :

AUGUSTUS THEOPHILUS CRIBBEN

1901-1943

Aucun autre mot gravé dans la pierre. Pas de « Repose en Paix », pas de « En souvenir affectueux ». Rien. La date de naissance, la date de décès, c’était tout.  1943 : l’année de l’inondation. Une victime de la catastrophe parmi toutes les autres présentes dans cette partie du cimetière? Cela semblait probable. Mais dans ce cas, pourquoi celle-ci était-elle à l’écart des autres? Et pourquoi si négligée ? […] C’était presque comme si cette tombe-là avait quelque chose de honteux.

Avec une imagination titillée à plusieurs reprises, on ne peut que trembler de peur à chaque apparition du grand méchant, Augustus Cribben. Le personnage imaginé par James Herbert est si terrifiant, si horriblement décrit que l’on pourrait en faire des cauchemars. C’est, je crois, mon personnage favori dans ce livre, contrairement au personnage d’Eve qui ne m’émeut pas et qui a tendance à m’agacer plusieurs fois au cours de ma lecture.

Au delà du récit horrifique et de l’intrigue de Crickley Hall, James Herbert met en place une seconde histoire, plus réaliste et terre à terre. La disparition de Cam, le fils d’Eve et Gabe Caleigh et son sort nous rendrons curieux jusqu’à son dénouement. Et malgré toutes les pistes que l’on pourra imaginer, on ne pourra s’empêcher d’être surpris par la conclusion apportée par l’auteur.

Attendez-vous à lire une conclusion générale pleine de rebondissements et d’émotions. Meilleure partie du roman, elle conclut celui-ci en apothéose. Toute la tension est relâchée pour offrir un final parfait.

Malgré un début lent où l’on a envie de décrocher plus d’une fois, Le Secret de Crickley Hall est un roman fantastique de qualité qu’on a plaisir à lire.

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