Pocket·SF

Le Vivant d’Anna Starobinets : Tout avait pourtant si bien commencé….

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514Cz6zXG3LLa posthumanité a réalisé l’utopie, une société parfaite de très précisément trois milliards d’individus éternels, connectés entre eux et au Vivant, l’entité qui les englobe et veille sur eux. Ce monde qui ne connaît pas la mort et se veut le meilleur possible ne peut tolérer ni altération ni addition. Pourtant naît Zéro, un humain sans code, le trois milliards et unième individu, absent des banques de données. Une anomalie dans un système réputé infaillible. Mais puisque Zéro vit, il faut bien l’intégrer. Sera-t-il rejeté, comme un greffon impossible ? Ou agira-t-il comme un virus, contaminant tout le corps, à son insu ? 

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Bien que j’adore les films et séries de SF, je lis très peu de livres dans ce genre. Je ne sais pas pourquoi, ça m’attire moins. Mais de temps en temps, j’aime bien laisser sa chance à un titre SF.

Ce fut le cas dernièrement avec Le Vivant d’Anna Starobinets. Un livre assez déroutant mais qui captive très rapidement. J’en ai beaucoup aimé la lecture, m’intéressant à Zero, cet être hors norme, mystérieux, sans incode, une “erreur” de la nature. L’univers était plutôt intrigant et tout ce suspense autour du rôle du personnage principal me tenait en haleine.

Interlocutrice 3678 : L’enfant a été conçu pendant le festival régional d’Aide à la nature, la nuit de la dernière nouvelle lune, dans le cadre du programme de contrôle de la population, en lien avec la loi sur la plannif…
Agent du SOP : Seriez-vous en mesure d’identifier le père ?
Interlocutrice 3678 : Vous plaisantez ?

Mais j’ai déchanté très vite en arrivant à la moitié du livre. Tout avait si bien commencé pourtant. C’était bien écrit et très divertissant. Et puis l’auteur a fait prendre à son héros une direction incompréhensible. Et je n’ai plus rien compris. Alors est-ce que j’ai loupé quelque chose ? Peut-être, mais j’ai refermé la dernière page de ce roman, très déçue et plutôt perplexe.

Je ne saurais vous conseiller ou vous déconseiller ce livre. Je pense que c’est le genre de titre qu’on aime ou qu’on aime pas, il n’y a pas d’entre-deux. En tout cas, moi, je suis très mitigée. C’était un presque coup de coeur, jusqu’à la seconde moitié. Dommage…

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Grand format : Mirobole Editions – 22€ / Poche : Pocket – 8,95€

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Fantastique·SF

Sept secondes pour devenir un aigle de Thomas Day

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40898Titre : Sept secondes pour devenir un aigle
Auteur : Thomas Day
Publié en: 2013 (France)
Genre : Science-fiction / Fantastique, Uchronie
Editeur : Le Bélial’
Nombre de pages : 352
Prix : 19€ (Envie de le lire ?)

Du même auteur : Sympathies for the devil, Une forêt de Cendres, La Mécanique des profondeurs,…

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(3) Pas accrochée (yo)Lumière Noire a dit : « J’ai mes croisés, mes anges, et maintenant ma papesse… » Une île du Pacifique à la fois tombeau de Magellan et unique territoire d’un arbre à papillons endémique… Un homme au visage arraché par un tigre mais qui continue de protéger « la plus belle créature sur Terre », coûte que coûte… Un Sioux oglala sur le chemin du terrorisme écologique… Un trio de jeunes Japonais qui gagne sa vie en pillant la zone d’exclusion totale de Fukushima… Des Aborigènes désœuvrés cherchant dans la réalité virtuelle un songe aussi puissant que le Temps du Rêve de leur mythologie… Une Terre future, post-Singularité, inlassablement survolée par les drones de Dieu…

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Ce livre, je l’avais repéré dans une librairie et j’avais été intriguée par l’ambiance qui semblait s’en dégager. Alors, quand Babelio l’a proposé dans le cadre de sa Masse Critique, je n’ai pas hésité, je me suis proposée.

Parmi toutes nos lectures, il y en a un petit nombre où l’on accroche pas. Non pas que l’histoire soit mauvaise, non, mais, sans vraiment savoir pourquoi, l’esprit n’adhère pas. C’est comme ça, c’est le jeu. Malgré mes effort, la plume de Thomas Day n’a pas su trouver grâce et j’y suis restée insensible.

Une haine comme ça, elle ne vient pas de l’extérieur, c’est un sentiment intime, une marée qui emporte tout sur son passage, ça n’a aucun rapport avec la volonté. C’est quelque chose qu’on porte dans chacune de ses cellules, dans chacun des atomes qui les composent. Et si on arrive à conjuguer sa pureté avec cette haine, alors on peut devenir une sorte de fantôme ; mais pas évanescent, au contraire, dense, toujours plus dense. Pas un fantôme, le mot est mal choisi, mais une sorte de cavalier de l’Apocalypse qui serait ni chrétien ni biblique, un ange amérindien. Un oiseau-tonnerre.

De toutes les nouvelles diverses et variées qui composent ce recueil, seul un extrait d’Ethologie du tigre m’a trouvé bon public. Hormis cela, le monde complexe et passionné de l’auteur est resté inconnu. Ou plutôt, je m’y suis vu étrangère, incapable de m’intégrer dans cet univers.

Je souhaite remercier Babelio et les éditions du Bélial’ pour ce livre et j’espère, chers lecteurs, que mon infortune ne sera pas la vôtre. Je vous invite à découvrir la jolie plume de Thomas Day, à vous faire votre propre avis et à tenter l’aventure.

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Shôjo

Parapal, un shôjo qui sent bon les ennuis !

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Komaki était une lycéenne ordinaire, jusqu’au jour où elle fait un étrange rêve… Au réveil, la jeune fille constate avec surprise qu’un drôle d’individu s’est installé dans sa tête, et ne cesse de lui parler. Perturbée, Komaki va en plus découvrir que son odorat est désormais sur-développé. Et tandis qu’un nouveau monde sensuel s’ouvre à elle, son quotidien va peu à peu s’effriter. Amitié, amour… et mensonges ! Et si autour d’elle, d’autres camarades étaient aussi parasités ?

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parapal 03Voilà un titre comme on en a jamais vu. Imaginez : des extra-terrestres débarquent sur Terre. On les voit déjà avec leurs gros vaisseaux, effrayant la population et semant la terreur. Que nenni ! Vous ne le savez pas, mais un extra-terrestre a peut-être élu domicile dans votre cerveau en ce moment même ! Afin de survivre suite à une catastrophe, certains d’entre-eux n’ont pas eu d’autre choix que de parasiter notre système nerveux. C’est ce qui arrive à Komaki. Du jour au lendemain, la jeune fille va se mettre à entendre une voix dans sa tête et à sentir d’étranges odeurs. Les ennuis commencent pour elle. Pour se débarrasser de son squatteur, elle n’a pas d’autre choix que de lui venir en aide.

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Pas de doute, un scénario comme celui-ci, il fallait y penser ! Et découvrir de la science-fiction dans un genre comme celui du shôjo, c’est encore plus délirant ! Delcourt vise haut avec cette oeuvre hors du commun, et on comprend rapidement pourquoi.

Car loin de proposer une histoire toute simple, Parapal n’hésite pas à aborder des thèmes difficiles comme le regard des autres sur soi, ses conséquences, son acceptation et comment changer : l’évolution d’un personnage et ses différentes facettes en somme. Un choix peu banal et surtout compliqué à traiter. Mais loin d’être inintéressant. Ainsi, grâce à son nouveau don, Komaki va développer une nouvelle vision de son quotidien, de son monde et des gens qui l’entourent.

parapal 02Parapal pose de nombreuses questions, quitte, parfois, à surprendre son lectorat en parlant d’un thème tabou : le viol. Sans en faire l’apologie, la mangaka explique que la vision que l’on porte sur soi, que l’on renvoie donc aux autres, peut parfois conduire à des situations dramatiques.  C’est ce qui arrive en fin de volume à l’un des personnages. Sa réaction et celles de nos deux héros nous amène à nous remettre en question. Comment la victime réagira-t-elle une fois le choc passé ? Cet événement va-t-il la détruire ? Arrivera-t-elle à le surmonter ? Et surtout : de quelle manière ?

En dehors de son thème atypique, Parapal fait également évoluer des personnages charismatiques que l’on apprend très rapidement à aimer. Malgré son caractère bien trempé, Komaki (qui me fait un peu penser à un écureuil, allez savoir pourquoi) se fait voler la vedette par Tsurumi. Ce garçon ronchon, un peu bizarre, s’émoustillant à la moindre étrangeté, provoque un gros boum dans notre petit coeur (en tout cas, moi, c’est mon personnage préféré).

Parapal réussit à captiver son lecteur du début jusqu’à la fin. Encore un shôjo surprenant signé Delcourt !

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Mangaka : Takumi Ishida / Nombre de tomes : 9 (6,99€ – Fini) – Anime : Non

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