Claudine ou la difficulté d’être transgenre au début du XXe siècle

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France, début du XXe siècle. Claudine est né dans un corps assigné femme qui ne reflète pas l’homme qu’il est. Ce one-shot suit sa vie et ses nombreux amours tragiques tandis qu’il tente d’être aimé et accepté pour ce qu’il est vraiment : un homme dans un corps imparfait.

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J’ai toujours aimé les oeuvres de Riyoko Ikeda. La mangaka est très connue en France pour La Rose de Versailles (ou Lady Oscar chez nous) dont l’anime était diffusé dans le club Dorothé. Malheureusement, les éditeurs français sont un peu frileux lorsqu’il s’agit de sortir des oeuvres vintages, ce qui fait que l’on a peu de titres de la mangaka en France (La Rose de Versailles et Très cher frère qui était publié chez Asuka, ex-Kazé il y a plusieurs années mais qui est depuis, en arrêt de commercialisation).

Publié aux US, chez Seven Seas, Claudine est un one-shot paru en 1978. Riyoko Ikeda y met en avant un héros transgenre. Né dans un corps de femme au début du XXe siècle, Claudine a du mal à se faire accepter tel qu’il est. Aucune des femmes qu’il aime n’arrive à le voir comme un homme, sa mère tente de le faire soigner par un psychiatre…. Seul son père l’accepte pour ce qu’il est et l’élève comme un fils. Mais pour Claudine, cela ne suffit pas. Et la route qu’il emprunte se teinte de tragédie.

lhghu6oqJ’ai beaucoup aimé ce one-shot. Riyoko Ikeda a un talent certain pour dépeindre des personnages incroyables au destin toujours épique. Les sujets qu’elle développe, comme la sexualité féminine, la représentation d’une femme masculine (La Rose de Versailles), l’homosexualité, ou encore la transidenté, sont toujours en avance sur leur temps et pourtant trop peu présents, au grand dam d’un public varié, en mal de représentation dans un genre qui devient de plus en plus lisse.

Je ne sais pas si nous verrons Claudine traduit en français un jour mais si votre niveau en anglais vous le permet, je vous recommande chaudement ce titre. J’en ai adoré la lecture du début à la fin. Mon coeur a vibré pour son héros. Seven Seas a fait du bon travail dessus. Un petit bémol néanmoins : du début à la fin, Claudine est genré au féminin. Choix de la mangaka ? de l’éditeur ? Je ne sais pas, mais cela fait tâche dans un manga qui met en scène un personnage transgenre…. Cela ne doit pas, néanmoins, vous empêcher d’y jeter un oeil.

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Mangaka : Riyoko Ikeda / Nombre de tomes : 1 (EN) – 1 (JP – Fini) – Anime : Non

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Card Captor Sakura : un manga culte signé CLAMP !

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Alors qu’elle feuillette un livre mystérieux, Sakura, jeune élève de CM1, disperse aux quatre vents des dizaines de cartes magiques, qu’elle va devoir essayer de récupérer au plus vite. Accompagnée de Kélo, un petit animal étrange, et de son amie Tomoyo, la jeune fille devra apprendre à maîtriser au mieux ses pouvoirs magiques. C’est que les esprits des cartes, enfin libres, sont peu enclins à se laisser capturer… Mais toute la détermination et l’ingéniosité de Sakura feront d’elle une vraie héroïne !

55454Je me suis rendue compte récemment que je ne vous avais jamais parlé de Card Captor Sakura. Un comble quand on sait que c’est l’un de mes manga préférés ! Alors la sortie de la magnifique réédition de Pika est l’occasion pour moi de réparer cette erreur.

Sakura a fêté ses 20 ans en 2016. Et malgré le temps qui passe, la série n’a pas pris une ride ! Je l’ai découverte quand j’étais au collège, avec la diffusion de l’anime sur M6. Le charme a opéré immédiatement. Naturellement, j’ai ensuite plongée dans le manga. Mon tout premier. Pas étonnant que CCS ai une place si particulière dans mon petit coeur ! Lire la suite de « Card Captor Sakura : un manga culte signé CLAMP ! »

Anne, La maison aux pignons verts

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Sur le quai de la gare, Matthew attend l’orphelin qui les aidera, sa soeur Marilla et lui, sur leur ferme. Mais c’est une rouquine aux yeux pétillants qui se présente… Extrêmement attachante, Anne va rapidement séduire son entourage par son courage, sa détermination et sa débrouillardise.

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Je suis une amoureuse des beaux livres et des shôjo rétros. Alors forcément, je ne pouvais qu’aimer les éditions Isan Manga. Je soutiens cette petite maison d’édition depuis leurs débuts. Leur catalogue est riche et leurs éditions sont ultra soignées. Quand j’ai appris la publication d’Anne, la maison aux pignons verts, adaptation du roman éponyme de 1908, j’étais extatique !

Anne et moi, c’est une histoire d’amour qui dure depuis plusieurs années. A l’époque de la diffusion sur M6 des téléfilms avec Megan Follows. Je suis tombée dessus un peu par hasard et j’ai été conquise immédiatement. Lire la suite de « Anne, La maison aux pignons verts »

LE shôjo qui m’a le plus ému : Nana

Quand Club Shôjo m’a contactée pour la Semaine du shôjo et que j’ai vu le thème, j’ai naturellement eu envie d’y participer. Je vous parle beaucoup de manga ici, surtout du shôjo parce que c’est ce que je préfère. Et en réfléchissant à quelle série je pourrais vous présenter, je me suis rendue compte d’une chose : à l’heure actuelle, sur le marché, où sont les séries qui vous retournent le coeur ? Où sont les histoires qui vous arrachent des larmes ? Elles sont peu présentes, noyées sous une mer de titres insipides, où les histoires d’amour sont banales et se ressemblent toutes.

Alors, j’ai du remonter dans les shôjos sortis il y a déjà quelques années. Ceux qui m’ont fait vibrer quand j’étais ado. Et naturellement, Nana s’est imposé à moi. Parce que plus incroyable que cette série, il n’y a pas. Et le fait qu’elle soit, encore aujourd’hui, inachevée, rend son histoire plus tragique encore. Je vous en avais déjà parlé dans cet article, mais j’ai eu envie de revenir sur l’un de mes plus grands coups de coeur.

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Mais Nana ça raconte quoi ?

Nana, c’est un shôjo datant de 2000 (Le coup de vieux !) créé par Ai Yazawa, racontant l’histoire de deux jeunes filles, portant le même prénom. Ces deux jeunes filles se rencontrent dans un train qui les mènera toutes deux à Tokyo, l’une pour y devenir rockstar, l’autre pour retrouver celui qu’elle pense être l’homme de sa vie. Ce qu’elles ignorent, c’est que rien ne va se passer comme prévu et que cette rencontre va totalement chambouler leurs destins.

Nana c’est la vie, sans fioritures. Pas de chichis, pas d’histoires mielleuses. Des espoirs, des déconvenues, des tragédies. Et c’est pour cela que c’est bien. Parce que l’on s’y retrouve. Parce que tout n’y est pas tout noir ou tout blanc. Parce que chaque personnage peut vous surprendre. Parce que vous ne pouvez que craquer pour eux, devant leur fragilité, leur force, leur courage face à ce qu’ils vivent ou ont vécus.

Quand vous commencez Nana, vous vous en rendez vite compte, l’histoire qui nous est racontée par Hachi est déjà passée. Et on le devine très vite, quelque chose ne va pas. Nana Ô a disparue. Pourquoi ? Quand ? Où est-elle à présent ? Au fur et à mesure que l’histoire avance, le coeur se serre de plus en plus. Car la véritable force de Nana est là : Envoûter son lecteur et le faire se sentir comme un membre du groupe.

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Pourquoi c’est LE shôjo qui m’a le plus ému ?

Nana, c’est le manga qui m’a tenu en haleine toute mon adolescence. Après 20 tomes, l’émotion et la tension étaient à leur comble. Nous avions enfin plus d’éléments sur la disparition de Nana Ô. Mais rien ne laissait présager ce que Ai Yazawa nous réservait pour le 21e opus. Rien. L’émotion fut immense, l’effroi aussi. Et surtout, je me suis mise à la place de Nana Ô et de ce qu’elle pouvait ressentir. Et j’ai eu le coeur brisé. Brisé pour elle, brisé pour les autres personnages aussi. Parce qu’au fur et à mesure de ma lecture, ces personnages se sont transformés et sont devenus comme des amis proches. Comme une famille. Parce qu’Ai Yazawa a un don pour créer des personnages profondément humains.

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Je pense notamment à Shin, à Ren, à Takumi et Jun mais aussi à nos deux amies dont le manga porte le nom. Tant de personnages qui me sont chers et que j’ai appris à aimer pendant des années. Les quitter aussi brutalement fut terriblement cruel.

Car une autre tragédie a frappée. Et celle-ci, directement les lecteurs. Peu après la parution des premiers chapitres du tome 22 au Japon, Ai Yazawa est tombée gravement malade au point de devoir mettre sa carrière entre parenthèse. Aujourd’hui, 18 ans après le début de Nana, la série est toujours en pause. La mangaka recommence à faire quelques travaux, notamment des couvertures de magazines. Elle s’est confiée récemment sur l’avenir de la série qui l’a propulsée au rang de Maîtresse du genre et à promis qu’elle y reviendrait. Nous ne pouvons qu’espérer que le jour où Nana renaîtra est proche. En attendant, c’est avec grand plaisir que j’irais relire la série entière et, si cet article vous a donné envie, que vous ferez de même.

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Mentions honorables :

  • L’Académie Alice tome 8 :

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C’est LE tome de ce manga où je fond en larme. Le destin du robot pingouin me serre le coeur. (Oui je sais, c’est un peu la honte, mais bon, que voulez-vous, je suis une grande sensible).

  • Lui Ou Rien :

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J’adore Yuu Watase, c’est ma mangaka préférée. Je suis une inconditionnelle de Fushigi Yugi. Lui ou rien, c’est une histoire un peu particulière, une sorte de Chobits au masculin. J’ai rapidement craqué pour les personnages de cette série. Et la fin me fait toujours un petit quelque chose.

  • Orange :

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Dernièrement, Orange est le manga qui m’aura le plus surpris. C’est beau, c’est poignant, parfaitement écrit. Le tome 6 m’a littéralement chamboulée. Si vous avez un titre récent à découvrir, c’est bien celui-ci !

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Si le thème de cet article vous a plu, je vous invite à aller visiter ces blogs qui participent également à la Semaine du Shôjo ! 🙂

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Les Liaisons Dangereuses : adaptation réussie pour ce roman culte !

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La marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont, rivaux libertins, utilisent le sexe comme une arme d’humiliation et de dégradation, tout en profitant de leurs jeux cruels. Leurs dernières cibles sont la vertueuse Madame de Tourvel et la jeune Cécile de Volanges qui est tombée amoureuse de son professeur de musique, le chevalier Danceny. Afin de gagner leur confiance, la marquise et Valmont feront semblant d’aider les amants secrets qui ne seront en fait que des pions servants leurs jeux sadiques…

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C’est la seconde adaptation d’un classique de la littérature en manga à paraître dans cette collection signée Soleil. Après Orgueil et Préjugés, l’éditeur nous offre l’excellentissime Les Liaisons dangereuses. Un roman intemporel sur l’amour, la séduction et les relations humaines.

J’avais bien aimé l’adaptation du roman phare de Jane Austen, même si le dessin ne m’avait pas totalement convaincue. Mais ici, point de déception. Dès la couverture et son pourpre élégant, vous le sentez : vous tenez là, entre vos mains, un manga pas tout à fait comme les autres.

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On ressent immédiatement la passion de l’auteure pour l’oeuvre de Choderlos de Laclos. Ce n’est pas un titre facile à adapter et pourtant, Chiho Saito excelle ! Le dessin est superbe, les personnages parfaitement travaillés et on retrouve l’ambiance si particulière que l’on apprécie dans le roman originel.

Que vous ayez déjà lu, ou non, l’oeuvre de Laclos, je ne peux que vous recommander la découverte de ce manga ! Espérons que Soleil ne s’arrête pas là et nous propose d’autres adaptations dans cette collection très prometteuse qui est la leur.

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Mangaka : Chiho Saito / Nombre de tomes : 1 (14.99€ – Fini) – Anime : Non

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