On n’est jamais bizarre sur Internet (ou presque), lecture rafraîchissante et surprenante !

81gDp7iHj0L« Salut. Je m’appelle Felicia Day. Je suis actrice. La nana bizarre dans cette série de SF ? Mais si, vous voyez de qui je veux parler. Je ne suis jamais sur l’affiche, mais j’ai quelques chouettes scènes qui font rire les téléspectateurs. Vu que je suis rousse, je collectionne les sixièmes rôles, et j’ai pratiquement inventé l’archétype de la hackeuse mignonne mais complètement barrée.

Il y a sept ans, j’ai commencé à tourner des vidéos dans mon garage avec une caméra d’emprunt. Aujourd’hui, je jongle entre mes rôles à la télé, l’écriture, la production et la gestion d’une compagnie de vidéos Internet appelée Geek & Sundry. Je suis également une fana des médias sociaux (« accro » est mon deuxième prénom) : plus de deux millions et demi de personnes me suivent sur Twitter et je suis souvent la seule femme sur la liste des nerds les plus éminents, ce qui m’a valu de me faire introniser « Reine des Geeks » par la presse. Personnellement, je refuse d’utiliser ce titre, mais quand quelqu’un d’autre l’utilise je ne discute pas. Je le prends comme un compliment. C’est vrai, quoi ! Qui n’a jamais rêvé d’hériter d’une dynastie juste parce que c’est dans son sang ? Pas besoin de bosser. Juste ! Vous êtes l’élue ! »

55454

Felicia Day, je l’ai connue pour son rôle de potentielle dans la dernière saison de Buffy (si vous savez, la petite rouquine toute mimi !). Mais c’est dans Supernatural que je suis tombée sous son charme (elle joue Charlie, une jeune femme geek, pleine de peps qui se retrouve malgré elle dans le collimateur de monstres. C’est un peu la petite soeur que n’ont jamais eu les frères Winchester, une sacrée badass !).

J’avais eu vent de ce livre où elle raconte son parcours, ses difficultés, ses doutes, ses combats….  Et en lisant, on s’identifie facilement à elle. Parce que Felicia Day, c’est une femme simple, proche de son public et c’est rafraîchissant. Lire la suite de « On n’est jamais bizarre sur Internet (ou presque), lecture rafraîchissante et surprenante ! »

Publicités

Le tout dernier été d’Anne Bert : Un témoignage bouleversant pour le droit de mourir dans la dignité

sans-titre-12

9782213705521FS«  Je viens de rencontrer mes passeurs. Ces hommes qui font désormais partie de ma vie puisqu’ils vont m’aider à la quitter. Je les ai sentis rigoureux, exigeants, prudents. Et engagés à me tendre doucement la main. Une autre médecine qui, quand elle ne peut plus soigner le corps, se décide à soigner l’âme.  »
Parce qu’elle aime furieusement la vie et qu’elle est condamnée, Anne Bert a décidé de choisir et de ne pas subir jusqu’au bout les tortures que lui inflige la maladie de Charcot. C’est ce cheminement qu’elle nous raconte ici. Celui de devoir mourir hors-la-loi, et hors-les-murs, puisque la loi française ne l’autorise pas à abréger ses souffrances. Celui aussi de son dernier été. Il faut découvrir le goût des dernières fois et des renoncements, apprendre à penser la mort, dire au revoir à ceux qu’elle aime, en faisant le pari de la joie malgré le chagrin. Un récit poignant, une ode à la liberté et à la vie, permise seulement par sa détermination à dire non. 

sans-titre-12

Le Lundi 2 Octobre, l’écrivaine, Anne Bert, atteinte de la maladie de Charcot est morte dans la dignité. En Belgique. Parce qu’en France on refuse encore ce droit. Le tout dernier été est son témoignage. Sa dernière parole.

Je l’avoue, je ne connaissais pas Anne Bert avant d’apprendre son décès Lundi dernier. J’ai tout de suite voulu lire ce livre, touchée par son histoire et parce que je pense que l’on devrait, aujourd’hui en France, avoir le dernier mot sur la maladie. Et j’ai été bouleversée. Bouleversée par le courage de cette femme, par ce qui lui arrive, par ce corps qui la trahit, l’abandonne, l’emprisonne.

Ce qui n’est pas dit n’existe pas. Dans ma tête tout se télescope.
Je ne veux pas savoir, je ne veux plus rien savoir. Je resterai calme, et n’en demanderai pas plus. Mais je fais ma maligne pour la punir un peu : « Ah oui, je savais bien que ce n’était pas la maladie de Charcot. »
Elle ne cille pas. Et de l’intuition, je passe à la certitude.

Le tout dernier été est court, à peine 162 pages. Mais chaque mot alourdit un peu plus l’âme et nous rappelle combien nous sommes fragiles. Que nous ne profitons pas assez de toutes ces petites choses que nous prenons pour acquises et qui peuvent nous être arrachées du jour au lendemain. L’émotion est présente tout au long de cette lecture qui ne peut que marquer le lecteur. Et qui, je l’espère, fera bouger les mentalités.

Je suis la vivante qui crée son personnage de morte, pour ne pas laisser à ceux qui restent le soin, toujours trop lourd, de le faire. Mais aussi parce que, post mortem, je veux encore décider de l’épilogue.

Aujourd’hui, Anne Bert n’est plus. Elle s’est libérée de sa prison. Ne l’oublions pas.

sans-titre-12

Grand format : Fayard – 15€ / Poche : N’existe pas

sans-titre-12

14-14, histoire touchante au temps de la Grande Guerre…

sans-titre-12

Couv 14-14 vdef.inddÀ l’aube de la Grande Guerre…
Adrien et Hadrien ont treize ans et habitent tous les deux en Picardie. Ils ont les mêmes préoccupations : l’école, la famille, les filles…
Une seule chose les sépare : Adrien vit en 2014 et Hadrien en 1914. Grâce à une boîte aux lettres mystérieuse, les deux adolescents vont s’échanger du courrier et devenir amis.
Mais la Grande Guerre est sur le point d’éclater pour Hadrien et leur correspondance pourrait bien s’interrompre de façon dramatique…

sans-titre-12

Quand j’ai vu ce livre, j’ai tout de suite su qu’il allait me plaire. L’histoire, originale, me donnait envie, tout comme cette si jolie couverture (bravo aux équipes de Castelmore !).  Je partais donc pour une aventure inédite, différente de mes lectures habituelles et pourtant familière me semblait-il.

J’ai donc plongé dans l’histoire et appris à connaître nos deux héros, Adrien et Hadrien, deux jeunes vivant à deux époques différentes mais reliés par une histoire profonde. Celle de La Grande Guerre.

La… la guerre de 14? de 1914?
La tête lui tourne, il s’adosse au mur de la maison. Il ne comprend toujours pas comment il a pu écrire à un garçon qui vit cent ans dans le passé. Il n’a pas d’explication pour cela. Mais maintenant, il a une certitude : Hadrien est en danger de mort.

La Première Guerre Mondiale est dans tous les esprits avec le centenaire que nous fêtons cette année. Difficile à croire, et pourtant, cela fait déjà 100 ans que les Poilus ont combattus pour la France. Si cette guerre aura été horrible, c’est pourtant la Seconde Guerre qui marque plus les esprits les plus jeunes, notamment à cause de la Shoah. 14-14 est donc une bonne occasion de ne pas oublier cette triste période de l’Histoire et d’en apprendre plus sur les conditions de vie à cette époque.

Difficile de ne pas s’attacher aux deux personnages principaux. L’un pour son courage et sa bravoure face à l’épreuve qu’il vit, l’autre pour sa générosité et son sens de l’entraide. L’histoire est belle, grâce à la plume de deux auteurs qui nous font voyager avec une grande facilité à travers le temps. On se prend à avoir peur pour Hadrien et à vouloir, à tout prix, que son ami, vivant en 2014, puisse, d’une quelconque manière, lui venir en aide.

14-14 est un récit touchant dont la fin laissera plus d’un lecteur sans voix et la larme à l’oeil. Une belle histoire, méritant d’être conseillé et lu par le plus grand nombre, adolescents comme adultes.

sans-titre-12

Grand Format : Castelmore – 10,90€ / Poche : Castelmore – 5,90€sans-titre-12

Je vous écris du Vel d’Hiv : les lettres retrouvées

9782221124208Titre : Je vous écris du Vél d’Hiv
Auteur: Collectif
Publié en: 2011 (France)
Genre : Histoire, Document
Editeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 224
Prix : 18,50€

Du même auteur :

Envie de l’acheter ?

6.Coup-de-coeurRéunies ici pour la première fois, quinze précieuses lettres écrites du Vél’ d’Hiv nous plongent avec une très forte émotion dans la réalité vécue de la déportation.

On parle beaucoup et souvent de la rafle du Vel’ d’Hiv. Mais à y regarder de plus près, on ne sait pas grand chose. Seuls une photo, quelques documents et des lettres disent la violence de l’arrestation, les conditions dramatiques de l’enfermement, la faim, les maladies, le bruit, les odeurs… À travers eux on a découvert l’enfer du Vél’ d’Hiv. Ces lettres, ce sont quelques mots jetés à la hâte sur un bout de papier, remis à des mains complaisantes. Pour plus de 8 000 personnes internées au Vél’ d’Hiv, moins de vingt lettres ont été retrouvées.  Pour la plupart inédites, elles étaient conservées aux archives du Mémorial de la Shoah. Pour la première fois, les voici rassemblées et publiées dans cet ouvrage.

Il est de ces livres qui changent la vision de ceux qui les lisent. Je vous écris du Vél d’Hiv en est un excellent exemple. Recueil de lettres retrouvées, sauvées miraculeusement, et réunies ici par le mémorial de la Shoah, ce livre est un ouvrage précieux.

On entre ici dans la vie de ces gens, anonymes, dont le destin a été brisé, broyé, anéanti. Rares sont ceux qui s’en sont sortis. Nous lisons ici les mots des morts, victime de la haine, de la différence, de la peur et de la bêtise humaine. Partis depuis des années, ils reviennent à la vie le temps d’un livre, dévoilant une vérité cachée pendant trop longtemps : celle d’une collaboration honteuse. Une collaboration qui a envoyé des enfants, des femmes, des hommes, familles joyeuses, à la mort. On ne nous le dit jamais quand on étudie cette partie de l’Histoire mais c’est un fait : la France a participé à cette ignominie.

Sachez seulement que je pense à vous tous et que personne ici ne saurait vous remplacer. Je ne fais rien, aussi j’ai tout mon temps pour réfléchir et méditer sur tout le bonheur perdu (qui sait à jamais peut-être…).

Des faits méconnus : Au matin du 16 Juillet, personne ne se doute que bientôt, les vies de 12 884 vont être chamboulées à jamais. Suite à un accord signé avec les Allemands, 4500 policiers français sont mobilisés. 3031 hommes, 5802 femmes et 4051 enfants sont parqués comme des animaux dans le vélodrome d’Hiver, lieu de rencontres populaire. Personne ne s’attendait à ce que les femmes et les enfants soient arrêtés. Jusqu’à présent, seuls les hommes étaient raflés. Mais, le gouvernement de Vichy a été clair : aucun enfant ne pourrait être laissé entre les mains des institutions françaises. Ils doivent obligatoirement accompagner leurs parents. Tandis que les célibataires et couples sans enfants sont envoyés directement à Drancy, le reste est séquestré pendant six jours dans le Vél d’Hiv. Les conditions d’hygiènes sont désastreuses, les infirmières et médecins sont débordés. Six jours après leur arrivée, les 6000 juifs sont déportés dans les camps du Loiret, de Pithiviers et Beaune-la-Rolande.

A l’aide de retranscriptions, de photos, d’une courte biographie accompagnant chaque lettre et de documents officiels, Je vous écris du Vél d’Hiv donne une nouvelle vision de la Shoah. Et permet de redonner une existence aux gens que la guerre a anéantis, oubliés. Bouleversant, ce livre ne laisse pas indifférent. Une lecture inoubliable.

Indispensable.

Sans-titre-7